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«Medea» de Liebermann à l’Opéra de Paris

L'affiche du spectacle. Medea

La version définitive du dernier opéra de Rolf Liebermann a été créée mardi soir à l'Opéra de Paris. Bel accueil.

L’Opéra de Paris a mis les petits plats dans les grands pour réussir la production de la version définitive, en trois actes, de «Medea», le dernier opéra signé par le compositeur suisse Rolf Liebermann, décédé en janvier 1999. Rolf Liebermann, qui, on s’en souvient, dirigea l’Opéra de Paris de 1973 à 1980.

L’ouvrage, d’une durée d’une heure et quart, sera donné à six reprises à l’Opéra-Bastille jusqu’au 1er mars. Placé sous la baguette du chef suisse Daniel Klajner, c’est le Franco-argentin Jorge Lavelli – auquel on doit cinq productions mémorables de l’«ère Liebermann» – qui en a signé la mise en scène, vivante et sans provocation gratuite.

Détournement homophile

Et pourtant… L’histoire de Médée selon Liebermann diffère quelque peu de la version traditionnelle. Retravaillée avec l’écrivain germano-tchèque Ursula Haas, il l’a traitée en insistant sur le choc des cultures entre Occident et Orient, entre le Grec Jason et la Colchidienne Médée.

Cette dernière, produit d’un univers marqué par le matriarcat, amène Jason à échapper à sa forte personnalité en se tournant, non pas vers la jeune Grecque Créuse, mais vers Créon, un jeune prêtre d’Apollon. «C’est donc pour un homme que Jason quitte Médée. Il la sent trop forte, trop près de la terre; elle ne le fascine que par son exotisme d’étrangère», écrit Ursula Haas.

Violence et lyrisme

Musicalement, Rolf Liebermann reste fidèle à une écriture «atonale au caractère tonal». Le texte, interprété par les solistes ou martelés par le chœur, reste compréhensible grâce à un «chanté parlé», dans la lignée de Wagner et Berg, jouant de l’alternance entre violence et lyrisme.

Rolf Liebermann, né en 1910 à Zurich, est l’auteur de plusieurs autres opéras: «Léonore 40/45» (1952), «Penelope» (1954), «L’Ecole des femmes» (1955), «La Forêt» (1987).

Son «Concerto pour jazzband et orchestre symphonique» (1954) et la composition pour machines, «Les Echanges» (1964) lui ont valu une reconnaissance internationale. A l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération, il avait écrit «3×1=CH+X», une œuvre pour percussionnistes, chœur et mezzo-soprano.

swissinfo avec les agences

«Medea», à Paris, Opéra-Bastille, les 15, 18, 21, 26 février et le 1er mars, à 20h00.

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