Michaux et la parenthèse de la guerre
Une exposition genevoise réunit 57 frottages du peintre, dessinateur et écrivain Henri Michaux. Ce procédé surréaliste stimule l'imaginaire.
Le Musée d’art et d’histoire de Genève, en la personne de Claire Stoullig, aujourd’hui conservateur du Cabinet des dessins de cette institution, présente une deuxième exposition Michaux, après la rétrospective du Musée Rath en 1994.
Aujourd’hui, il s’agit d’une manifestation de dimensions plus restreintes, limitée aux frottages – 56 frottages inédits, provenant de deux carnets retrouvés chez des collectionneurs privés. Ces œuvres à la mine de plomb sur un mauvais papier jauni datent de la période de la Seconde Guerre, alors que l’artiste restait cantonné dans le Midi, en proie à «une neurasthénie de guerre».
L’économie de moyens n’a d’égal que l’immense douceur du geste, que trahit l’aspect léger et velouté de ces dessins. Y apparaissent des animalcules, des êtres aquatiques, une grenouille sexuée. A l’instar de Max Ernst, Henri Michaux a trouvé dans le procédé du frottage un moyen de stimuler l’imaginaire, de réveiller les monstres endormis.
Le résultat est une invite à rêver: le spectateur reste en contemplation devant ces compositions minimales, non titrées bien sûr, où surgissent, pour peu qu’il se laisse aller, des formes en mouvement. Le mouvement, le dessinateur l’a introduit lui-même, en réalisant ses frottages à partir de formes découpées, qu’il faisait glisser sous son papier et répétait à l’envi.
Laurence Chauvy
A voir jusqu’au 21 avril au Musée d’art et d’histoire de Genève.
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