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Pierre Keller, ce Vaudois qui déplaçait les montagnes

Pierre Keller, artiste et ancien directeur de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne, ECAL, pose devant une œuvre de John M Armleder dans le cadre de l'exposition « Friends, etc. » de la Collection Pierre Keller qui se tient jusqu’au 11 août 2019 au Musée Jenisch à Vevey. © Keystone / Laurent Gillieron

Décédé à 74 ans, Pierre Keller a réinventé l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL).  Homme de terroir cosmopolite, notable provocateur, officiel de l’art hors norme, l’artiste laisse beaucoup d’orphelins.  

Ce contenu a été publié le 08 juillet 2019 - 10:05
Florence Grivel/RTS avec swissinfo.ch/fb

Graphiste de formation, Pierre Keller avait quitté avec peine son poste de directeur de l'ECAL en 2011. Dans la foulée, c'est à la présidence de l'Office des vins vaudois que le natif de Gilly avait rebondi.

Pierre Keller aimait le soleil, le soleil qui fait croître la vigne, qui donne de l’élan aux jeunes pousses de créateurs issues de sa pépinière de haut vol, l’ECAL,Lien externe qu’il a contribué à faire exister bien au-delà des frontières. Il hissera l’école parmi le top ten des écoles d’art et de design dans le monde pendant 16 ans.

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Pierre Keller a été le délégué du Conseil d'Etat vaudois pour l'organisation des festivités du 700e anniversaire de la Confédération en 1991, laissant un souvenir impérissable avec le slogan provocateur de l’artiste Ben, "La Suisse n’existe pas".

Côté artistique, il a toujours été aux premières loges de ce qui se fait; créant le "Kilo Art", étalon suisse de mesure de l'art, au tout début des années septante, il découvre le potentiel du polaroid en 1975. Il réalise sa première photographie à la Biennale des jeunes de Paris où il expose. Il apprécie l’instantanéité du polaroid, qui lui permet de capturer l’instant.

Jouisseur, hédoniste, Pierre Keller livre ses balades photographiques entre New York, Buenos Aires ou encore l’Italie, sans tabou. L’année dernière, le QG de La Chaux-de-Fonds montrait ses images qui aujourd’hui sont réunies dans un très beau livre, My colorful lifeLien externe, paru aux éditions Patrick Frei.

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Polaroids grand format

Après cette plongée dans les corps masculins, il s’engage à traquer les croupes de chevaux reproducteurs du haras de Cluny. Ses polaroids grand format feront scandale, ses "culs de chevaux" vont en interloquer plus d’un. Pourtant, que de beauté dans cette palette subtile des variétés de robes, la finesse et la sensualité d'un lacis de veine, fleuve boursouflé d'un blanc au tissu tendre et crémeux…

Avec sa disparition, c’est tout un pan des grands moments de la vie culturelle romande qui s’en va, les affiches de Keith Haring pour la Dolce Vita, celles de Tinguely pour le Montreux Jazz.

Sa collection d’œuvres sur papier dont le musée Jenisch de Vevey montre une partie jusqu’au 11 août Lien externeexprime les nombreux liens d’amitié tissés avec les artistes durant sa longue carrière.

Membre du comité de fondation du Montreux Jazz Festival, officier des Arts et des Lettres, Prix du rayonnement 2006 de la Fondation vaudoise pour la culture, Pierre Keller luttait depuis deux ans contre un cancer du foie.


(article modifié le 09'07'2019)

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