«Porteurs de misères» obtient le Grand Prix du FIFAD
La Cuvée 2001 du 32e Festival International du Film Alpin des Diablerets a mis en exergue de nombreux talents comme le Français Philippe Lespinasse.Il remporte le Grand Prix avec un court-métrage de 12 minutes qui pénètre dans le quotidien des alpinistes.
Le jury n’a pas hésité un seul instant pour décerner à ce reportage le Grand Prix. En effet, c’est un modèle du genre. Images, son et montage, aucune critique! Le réalisateur a pris le contre-pied des films d’alpinisme avec bonheur, et avec beaucoup de talent, car en 12 minutes il fait partager la quotidienneté de ces gens, malgré tout heureux. Le jury a également été séduit par le grand respect qu’il a démontré aux gens qu’il filmait.
«Il laisse parler les images, sans provoquer de pléonasme. Le commentaire est discret, il souligne l’action sans la dénaturer. Et quand il fait allusion aux alpinistes triomphants qui ne pourraient pas exécuter leurs excursions héroïques sans le travail des porteurs par un plan d’hélicoptère survolant les porteurs, tout est dit, tout est révélé par une image porteuse et non par un texte» constatait le jury lors de la remise des prix.
Trois Diables d’Or pour trois catégories
Le Français Gilles Perret a obtenu le Diable d’or dans la catégorie un (identité de la vie montagnarde), avec «Les Alpes en musique».
Pour le jury, «voici encore un documentaire brillant dont le rythme est un allegro. 52 minutes de bonheur dont le guide est le truculent Jean-Marc Jacquier, musicologue non barbant bien que barbu».
A l’unanimité, c’est une «excellente réalisation, avec des prises de son remarquables, des images vivantes. Gilles Perret fait plus pour l’Europe des régions, chère à Denis de Rougemont, que les technocrates de Maastricht! Seul bémol, le titre les Alpes en musique est un peu présomptueux, est-ce dire qu’une suite est prévue? Nous n’en serions pas mécontents», concluait le jury.
Le Diable d’Or de la catégorie deux (pratique du sport en Montagne) a été attribué au Français Gilles Chappaz pour «La grande cordée». Un prix décerné malgré une réticence du jury ne trouvant pas le reportage à la hauteur de l’événement. En effet, ce film sur l’aventure de l’alpiniste Patrick Berhault raconte une histoire exceptionnelle sur le plan sportif et humain.
Quant au Diable d’Or de la catégorie trois (sauvegarde de l’environnement), il revient au cinéaste suisse Fulvio Mariani avec «Los Cuervos, I Signori dell’oscurita». Un film qui se déroule sous terre. «Un film sans ennui, avec un scénario bien ficelé», explique le jury. Et d’ajouter: «le réalisateur nous fait vivre avec talent une expédition souterraine hors du commun. Et même si l’on peut critiquer le régime de Castro, il faut souligner que Cuba est le seul pays où la spéléologie a obtenu une reconnaissance de l’Etat. Nous nous abstiendrons d’y voir une image ironique».
La Suisse bien présente
Le Grain d’Or est revenu au Suisse Claude Delieutraz avec «Mort au barbu ou le crash du gypaète». Un film sérieux faisant preuve d’inventisme et d’un humour décapant. Un film, qui selon le jury, fera école.
D’autres Helvètes ont été primés, à l’image de Peter Kreiliger qui a reçu le prix de la SSR pour un film racontant les priples de chercheurs de cristaux.
K-Soul Cherix, le régional de l’étape- déjà primé au FIFAD- a reçu le prix de la commune d’Ormont-Dessus ( Les Diablerets) avec les «cantonniers de l’impossible», un regard insolite sur ces professionnels du sauvetage en montagne.
Jean-Louis Thomas
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