Quand les cuivres se font ambassadeurs de Suisse
Huit fois champion de Suisse, l'orchestre de cuivre valaisan, le Brass Band 13 étoiles, commence à briller de mille feux lors de concours européens.
Considérée comme l’une des dix meilleures formations du monde, elle se produit samedi à Lucerne.
Lucerne accueille donc le «Swiss and European Brass Contest». A cette occasion, de nombreuses formations venues de Suisse, d’Allemagne, de France et surtout d’Angleterre s’affronteront.
Car il n’existe aucun doute sur l’origine du Brass Band. Ces orchestres, composés uniquement d’instruments en cuivre, viennent du nord de l’Angleterre. Et ils sont d’origine ouvrière.
Au début du 20e siècle, les travailleurs se retrouvaient le soir pour l’unique plaisir de jouer de la musique populaire, ceci sans barrière de style ou de genre. D’où l’éclectisme du répertoire de Brass Band.
Mais surtout, c’est à force de travail que les formations de Brass Band ont commencé à se faire connaître. Ils ont élargi leur répertoire en intégrant du classique, du jazz… sans oublier quelques notes d’humour musical.
La passion de Géo-Pierre Moren
C’est grâce à un grand passionné de ce style de musique, Géo-Pierre Moren, que le Brass Band est né en Valais puis a franchi les frontières du canton en 1973.
«J’ai décidé de mettre sur pied une telle formation à Londres, lors d’un concours européen de Brass Band», explique le fondateur.
Un début qui ne s’est pas déroulé sans problème. Car à l’époque, les musiciens de fanfares étaient peu nombreux. Mais Géo-Pierre Moren est tenace. Il nomme son groupe: Brass Band 13 étoiles.
Aujourd’hui, ce genre musical à la cote dans toute la Suisse. Au point que les musiciens se bousculent aux portillons pour jouer dans une bonne formation.
Pour Géo-Pierre Moren, il s’agit d’une «success story», inespérée. Cette réussite, il la savoure pleinement aujourd’hui. Et l’avenir, il le voit en rose. Il caresse même quelques ambitions légitimes.
«Notre but est de jouer des cuivres au plus haut niveau mondial», lance le leader du Brass Band 13 étoiles. Un message clair pour ceux qui considèrent encore le Brass Band comme une forme mineure d’expression musicale.
Pour parvenir à ses fins, il a mis tous les atouts de son côté. En assurant notamment une bonne formation aux jeunes musiciens, qui, en général, commencent vers 14 ou 15 ans.
«Dès qu’ils atteignent le niveau nécessaire, précise Géo-Pierre Moren, ces jeunes jouent dans la formation B du Brass Band». Une étape qui constitue le réservoir principal de la formation A: le vrai Brass Band 13 étoiles.
Abnégation et maître anglais
Cette formation, composée de 35 musiciens – pour qui l’abnégation n’est pas un vain mot – sillonne de long en large la Suisse et l’Europe. Elle participe à des concours pour obtenir des titres.
«Il n’y a pas de secret, précise Géo-Pierre Moren, les bons résultats sont le fruit d’un travail gigantesque.» Et d’un encadrement de qualité.
C’est la raison pour laquelle il a engagé, voici quelques années, un chef d’orchestre britannique de renom: le major Peter Parkes. «Il apporte une touche et un savoir-faire britannique», explique Géo-Pierre Moren.
Depuis, le palmarès du Brass Band s’est étoffé: huit titres aux Championnats de Suisse et trois fois à la troisième place d’un Championnat d’Europe.
Sans oublier l’obtention du titre de «Swiss Band of the Year» en 1996 et 98, une distinction remise par la prestigieuse revue «Brass Band».
Ces récompenses ont donné des ailes à Géo-Pierre Moren. «Nous comptons bien décrocher le titre de Champion d’Europe en Norvège en 2003», affirme le musicien.
Culture de société et plaisir
Pour autant, le travail et la baguette anglaise ne sont pas les seuls facteurs de réussite du groupe. «Faire partie d’un Brass Band, au sens anglais du terme, signifie une intégration à une petite société», affirme le fondateur.
Ainsi, répétitions, concerts et concours sont toujours suivis de rencontres entre musiciens et autres amateurs. Cette socialisation est en soi un véritable moteur pour le groupe.
Particulièrement fier de son Brass Band 13 étoiles, Géo Pierre Moren se sent investi d’une mission honorifique lorsqu’il est en tournée à l’étranger: celle d’ambassadeur de Suisse.
swissinfo /Jean-Louis Thomas
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.