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RETROSPECTIVE 1999: tout le monde aime «Beresina»

7 août 1999: le dernier film de Daniel Schmid rencontre un enthousiasme de circonstance à Locarno.

7 août 1999: le dernier film de Daniel Schmid rencontre un enthousiasme de circonstance à Locarno.

Daniel Schmid était l’homme du week-end, à Locarno. Samedi 7 août, il était l’hôte principal du festival, qui lui attribuait un Léopard d’honneur, couronnant sa carrière avant la projection très applaudie de son dernier film, «Beresina ou les derniers jours de la Suisse». Après l’une des soirées les plus folles qu’ait connue la Piazza Grande, l’enthousiasme est pourtant retombé.

«Je me suis beaucoup amusée. C’est très bien fait. Un petit bijou, je crois!», a dit Ruth Dreifuss à la sortie du film de Daniel Schmid, «Beresina», présenté ce samedi soir d’août à Locarno. La ministre suisse de la Culture n’est pas seule de cet avis. Les 9050 spectateurs de la Piazza Grande ont réservé un accueil triomphal, à en croire la télévision, à cette satire sur la Suisse qui s’en prend aux politiciens corrompus, aux militaires gâteux et aux industriels outrecuidants. Au Téléjournal romand de 19h30, à la sortie de la projection, toutes les personnes interrogées ont le sourire accroché au bronzage. «J’ai beaucoup ri, et c’est très vrai», s’exclame un spectateur.

Mais c’est sans compter sur les effets persuasifs des caméras. Les gens que la télé interroge seraient mal embouchés de dénigrer un film qui se moque de leur pays: le téléspectateur pourrait penser que ces manants n’ont pas le sens de l’autodérision. Difficile posture, en particulier pour la ministre suisse de la Culture, Ruth Dreifuss, dont les proches les plus indiscrets devaient confier, quelques heures après la projection, qu’elle avait en réalité trouvé le film pas très amusant, et somme toute assez ennuyeux.

On la comprend. Cette Suisse dont Daniel Schmid se moque, c’est celle que personne ne peut aimer; celle à laquelle personne ne peut s’identifier; celle qui, sur la base de valeurs négatives et consensuelles, met tout le monde d’accord. Personne ne se sent concerné, personne sérieusement ne peut ressembler à ça! Et c’est ainsi que la parodie autocritique de Daniel Schmid finit dans le grand caquelon du lieu commun entendu. Cette Suisse-là, c’est bien la nôtre – tous les clichés y sont – mais ce n’est pas nous.

Thierry Jobin

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