Rosebud allume les feux de Paléo
Ouverture mardi du 26e Paléo Festival de Nyon, qui affiche d'ores et déjà complet jusqu'à dimanche! A l'affiche de ce premier jour, plusieurs formations résolument rock, dont Texas, Pulp, Ash... et les Zurichoises de Rosebud.
Batterie musclée, son brut des guitares, voix puissante de Nadja. Rosebud la joue d’abord tranquille, avant de passer à des tempos plus martelés, alternance de registres qui semble faire la marque du groupe. Dans un cas comme dans l’autre, le goût de la mélodie est indéniablement là. Mais pas encore le rythme du show, un peu timide, réservé, malgré la réelle énergie de la chanteuse.
Entre-temps, les Nord-Irandais de Ash ont pris d’assaut la grande scène, ramassant au passage quelques spectateurs du club-tent…
Du quatuor au trio
Rosebud, fondé en 1994, était un quatuor de filles. Mais la guitariste et chanteuse Anna Luif a récemment quitté le bateau. La production de leur premier album, «13 Songs Net», en 2000, est-elle à l’origine de la crise? «Rosebud EST une crise permanente», répond en riant la chanteuse restante, Nadja.
«Quand tu fais un album, il est certain qu’il y a des choses qui apparaissent», complète Claudia. Exit donc Anna, qui se consacre désormais au cinéma. Une rupture pas franchement étonnante, dans la mesure où les deux chanteuses donnaient deux couleurs assez différentes au groupe, l’une plutôt atmosphérique et émotionnelle (Anna), l’autre plutôt énergique et rageuse (Nadja).
Ce qui ouvre de nouveaux territoires à cette dernière: «J’étais la wild one, qui criait beaucoup. Maintenant, je suis plus libre, je ne dois plus me limiter à un coin de la pièce, je peux marcher partout!»
Même si sur scène les trois dames sont accompagnées d’un quatrième musicien, le passage au trio ne pose-t-il pas de problème en matière de composition et d’arrangement? «On a plus de place. C’est plus difficile, c’est vrai, mais c’est aussi un challenge» constate Nadja.
A propos, pourquoi «Rosebud»? Les trois filles portent-elles un amour immodéré à Orson Welles? «C’est un très beau film, et un mot mystérieux, cela nous a inspiré », répond l’une. «Dans le film, tu te demandes toujours ce que c’est, Rosebud, c’est très émotionnel» ajoute l’autre. «Et un bouton de rose, c’est aussi symbolique: c’est beau, mais ça a des épines, ça pique. Il y a une tension dans la rose», complète la troisième. Jolie façon de définir un groupe.
Bernard Léchot
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.