Soleure entrouvre sa vitrine cinématographique
Les 37e Journées (cinématographiques) de Soleure débutent mardi. Au menu, la production suisse récente, mais aussi un invité: le Québec.
En 2001, le directeur de la manifestation, Ivo Kummer, signalait que les «Solothurner Filmtage» misaient sur la stabilité: «La qualité des Journées n’est pas de monter des événements ou de faire la révolution, mais d’offrir une certaine continuité.»
Et pourtant… Si l’événement soleurois reste ce qu’il a toujours voulu être, à savoir une «vitrine du cinéma suisse», c’est bien une petite révolution qu’il connaîtra cette année en s’ouvrant à une cinématographie étrangère: celle du Québec.
Le cousinage des minorités
«La situation de la minorité francophone du Canada est comparable à la situation de la Suisse romande, du Tessin ou des Grisons en Suisse» écrivent les organisateurs dans la présentation de cette nouvelle édition.
En omettant de rappeler que la Suisse alémanique elle-même se trouve dans une position minoritaire – non pas en Suisse, mais face à l’Allemagne, où par ailleurs de nombreux cinéastes suisses germanophones s’exilent.
Quoi qu’il en soit, la présence québécoise apportera indubitablement un peu d’air frais à la manifestation soleuroise. Ce sont 22 films récents qui nous arriveront du Québec (tournés entre 1999 et 2001), dont 3 documentaires et 2 films d’animation.
Le 7e Art helvétique
Au cœur des Journées (qui ne comportent pas de compétition), le «programme», qui permet de découvrir ou de revoir l’essentiel de la production helvétique 2001. Qu’il s’agisse de fiction, de documentaire, de film d’animation, et cela aussi bien dans les secteurs du long que du court-métrage.
A Soleure, on rappelle volontiers que «outre la qualité des films, la continuité du travail demeure un critère important». On retrouvera donc cette année des noms connus tels que Werner Schweizer, Anne Cunéo, Peter Entell, Richard Dindo ou Rolf Lyssy. Mais de nouveaux noms seront aussi à découvrir.
En ce qui concerne les cinéastes romands, et du côté long-métrages de fiction, on notera la présence d’Antoine Plantevin («C’est mourir un peu?»), Frédéric Landenberg («20 balles de l’heure»), Léa Pool («Lost and Delirious»), Xavier Ruiz («Neutre») et Pierre Maillard («Potlatch»).
Programmes spéciaux
Outre l’invitation lancée au Québec, les 37èmes Journées de Soleure proposent plusieurs programmes spéciaux. Expo.02 dévoilera plusieurs travaux issus de son projet «Atelier zérodeux». On verra également un choix de films suisses issus des écoles de cinéma, des productions spécifiquement télévisuelles, des films pour l’enfance et la jeunesse, et une sélection de courts-métrages internationaux.
A noter également deux rétrospectives: l’une consacrée à Paul Riniker, qui a tourné plus de 50 documentaires pour la télévision suisse alémanique. L’autre, intitulée «Le miracle du cinéma suisse», a été organisée par l’Association suisse des réalisatrices et réalisateurs de films, qui a saisi l’occasion de ses 40 années d’existence pour présenter
une sélection de films réalisés ces quatre dernières décennies; et évoquer notamment ce qu’on appelait le «nouveau cinéma suisse».
Au total, ce seront 250 films et vidéos qu’on pourra suivre cette année à Soleure (contre 220 l’année passée), dont 70 longs-métrages.
On pourrait encore signaler moult débats, réflexions et autres rencontres. Et bien sûr, le «Prix du cinéma suisse», dont la cinquième édition aura lieu mercredi 16 janvier.
Bernard Léchot
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