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Soyeuses «fleurs d’automne»

Costume de nô. Musée d'art et d'historie, Genève

Le théâtre nô tend, depuis plus de six siècles, à «l'essence de l'art en tant que forme parfaite».

Au Musée Rath à Genève, «Fleurs d’automne», une exposition de costumes et de masques, illustre cet art purement japonais.

«Fleurs d’automne», allusion aux somptueux motifs des costumes de soie… Le Musée Rath à Genève accueille 70 costumes réunis par le Yamaguchi Noh Costume Research Center de Kyoto.

Son fondateur, Yamaguchi Akira, soyeux de son état, s’attache non seulement à enrichir sa collection de costumes historiques, datés du XIXe siècle (depuis la fin de l’époque Edo, voici 140 ans, jusqu’aux ères Meiji et Taishô), mais également à les reproduire à l’identique. Pour cela, il a reconstitué toute la chaîne de confection, depuis l’élevage des vers à soie jusqu’aux dernières coutures.

A Genève, les costumes sont exposés sur des présentoirs, largement ouverts, de manière à arborer les motifs caractéristiques: décors stylisés, tels les gros carreaux typiquement japonais, rosaces inspirées de l’ornementation de la Perse sassanide, roues de la vie, flore de toutes les saisons, cerisiers pleureurs et autres bambous.

Des costumes en guise de décor

Ces motifs sont étroitement liés au répertoire théâtral, puisque ces costumes étaient destinés, pour les plus anciens, et le sont encore, pour les reconstitutions, à être portés par des acteurs de nô. Des photographies l’attestent d’ailleurs, ainsi que des estampes délicates prêtées par le Musée historique de Berne.

Une série de masques, en provenance du Musée des cultures de Bâle, complète cette présentation artistique de l’art du nô. Un programme d’animations, comprenant naturellement des spectacles de nô, précédés d’une lecture de la traduction française des pièces, est également prévu.

La scénographie de l’exposition, très sobre, met en valeur le raffinement inouï des tissages et des broderies. Les présentoirs laqués de noir, les socles et un simulacre de portique, rouge foncé, dans leur rigidité, contrastent avec les tiges fleuries et les arabesques des ruisseaux évoqués sur les costumes.

Car le costume de nô est conçu comme un paysage, qui supplée à tout décor sur la scène. L’acteur porte le paysage, «fleurs, feuilles, herbes, fruits, baies qui sont autant de préfigurations des émotions à venir», explique Armen Godel, spécialiste du nô, et commissaire de l’exposition aux côtés de Marielle Martiniani-Reber.

Laurence Chauvy

«Fleurs d’automne. Costumes et masques du théâtre nô», Musée Rath, Genève, jusqu’au 26 janvier.

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