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Têtes à claques!

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«Cartes postales» de créateurs suisses expatriés... Rolf Kesselring, écrivain, ancien éditeur, nous adresse son courrier de la région de Nîmes.

Lorsqu’on vit ailleurs que chez soi existent quelques règles qu’il est nécessaire de respecter. Par exemple, lorsqu’on habite en France, comme c’est mon cas, on se doit de manger d’apprécier la cuisine du cru et fermer son clapet. Respectueux des lois de mon pays d’accueil, je me suis toujours fait violence afin de respecter ces règles de base.

L’exception qui confirme…

Normalement, on ne devrait pas, non plus, s’intéresser à la politique locale ni exprimer ses opinions. Pourtant, comment faire pour ignorer ce qui submerge tous les media actuels : les présidentielles ?

Du petit matin au plus profond du soir, chaînes de TV, radios, journaux, affiches, prospectus dans la boîte à lettres, rappellent que nous ne sommes plus qu’à quelques jours du premier tour, qu’il y a seize candidats déclarés et qu’ils se répandent dans tout le pays pour le faire savoir. C’est à tel point que je réclame le droit de m’en mêler un peu, même si ça ne se fait pas.

Le bal des on-dit

Par exemple, comment faire pour ignorer les on-dits, à propos d’un dinosaure comme Arlette Laguillier, et ne pas avoir une petite opinion sur l’étrange opacité du groupe politique qu’elle représente ? Comment ne pas se demander, aussi, s’il existe encore un seul citoyen pour croire aux beaux discours des candidats qu’on sait aussi menteurs et racoleurs les uns que les autres?

Et puis, comment, durant ce curieux bal des on-dits, ne pas entendre, à l’heure du petit noir au bistrot du coin, les anecdotes sur la thyroïde de l’un, l’insatiable appétit de l’autre ?

La baffe de Strasbourg

Et même, comment ne pas commenter, faute de projets politiques à discuter sérieusement, ce qui relève plus du fait divers que de l’argument politique ? C’est ainsi que je n’ai pu m’empêcher de voir, au journal télévisé de France 2, l’autre jour, la tape que le candidat Bayrou, a filé à ce moutard qui lui faisait discrètement les poches.

Aussitôt, tout ce que la République compte de journalistes et de commentateurs politiques, n’ayant rien d’autre à se mettre sous la plume, s’est mis à en parler. Le lendemain, la presse dans son entier titrait sur «la baffe de Strasbourg».

Déjà, le camp des «pour la baffe» et celui des «contre la baffe» s’étaient constitués. On tenait enfin un sujet majeur pour la France !

Le vilain défaut

Ce fut à cette occasion-là que je me découvris jaloux de la France et de ses frivoles usages politiques ! Jaloux de ces voisins qui pouvaient encore mettre des baffes à ceux qui le méritent et faire, ainsi, gonfler la cote d’un candidat dans les sondages !

En effet, ce n’est pas dans notre pays que pareille histoire pourrait arriver, même au plus chaud des plus torrides «votations»… Et puis, je n’ai pas pu m’empêcher de rêver. Je me suis dit, que, peut-être, on pourrait importer cette histoire et envisager que le peuple se mette, initiative populaire nouvelle, à distribuer des gifles aux dirigeants du secteur public ou privé qui lui mentiraient.

Peut-être, alors, que la cote de notre pays remonterait, alors, dans les sondages mondiaux. Et puis, on saurait enfin qui sont les vraies, têtes à claques …

Par Rolf Kesselring

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