(T)ROCK éclectique
L'Association TrocK, basée à Lausanne, publie une nouvelle compilation de la jeune production helvétique. Et quitte le rock dur pour la diversité des genres.
Trock, association née en 1994, a pour but de promouvoir la scène musicale suisse, notamment en mettant en contact différentes structures – groupes, clubs, studios, médias etc. Pour faire parler d’elle, elle a opté il y a plusieurs années déjà pour la publication d’albums de compilation.
Après un silence de 5 ans, voici donc la «Kompil’Trock 2002», baptisée «Hear & Know», et distribué en Suisse par Disques-Office (une première). Un album qui rassemble 16 morceaux et 8 groupes.
Refus des petites boîtes
La musique actuelle? Segmentée, fragmentée, compartimentée. A priori, si on est reggae on n’est pas house, et si on est house on n’est pas rock. Point. Traversée interdite. Question de goûts, de look, de famille, voire de gang.
Dit-on. Peut-être à tort. C’est en tout cas ce que semble vouloir signifier «Hear & Know», qui alterne autant les registres que les provenances cantonales. Au menu, reggae avec Moonraisers (ils viennent de signer chez Sony Music France) et Zion’s Power, rock avec Staff et Treekillaz, trip-hop avec Salon Bleu, de la musique électronique avec Zodiac Project et Felka, un mélange de jazz et de drum n’bass avec Freeebase Corporation.
Aux abonnés absents: le hip-hop. Et le rock tendance «metal», que TrocK soutenait pourtant avec vigueur il y a quelques années: «On ne renie pas le metal. Mais on doit faire des choix artistiques, et cette fois, on n’est pas parti dans les extrêmes. Ni techno Detroit, ni rock metal», admet Laurent Kern, patron de TrocK.
Et de préciser: «le disque est pensé comme une programmation radio. Tous les morceaux sont enchaînés, on a énormément travaillé l’ordre des morceaux de manière à ce qu’il y ait à la fois une continuité et une alternance d’ambiances. Certains pubs ou certains clubs passent le CD en début de soirée, comme animation. C’est déjà un très bon feed-back».
Rock helvétique à la hausse
Laurent Kern suit de très près la production suisse depuis une décennie… Selon lui, en quoi a-t-elle évolué? «Il y a 10 ans, il y avait un complexe à être Suisse. Et comme on se prenait pour des rigolos, la plupart des artistes ne travaillaient pas avec une ambition professionnelle. Ils avaient un délire, un rêve professionnel, mais pas une ambition sérieuse.»
«Même chose au niveau des clubs ou des studios, il y a maintenant une réelle professionnalisation. Et aujourd’hui, les titres de certains groupes suisses, sonnent aussi bien que n’importe quelle production internationale. Artistes et producteurs se donnent les moyens d’arriver à un niveau de qualité équilibré par rapport à l’Europe ou au monde.»
Le studio c’est une chose, la scène en est une autre. L’enthousiasme de Laurent Kern pourra être confirmé ou infirmé par le public dans le cadre des nombreux concerts programmés dans la foulée de la parution du disque (liste exhaustive sur le site de TrocK). C’est Freebase Corporation qui ouvre les festivités, mercredi soir à Lausanne, au Bleu Lézard, à l’occasion du vernissage de «Hear & Know».
swissinfo/Bernard Léchot
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