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Tiersen, les notes plutôt que les mots

Le Breton Yann Tiersen, devant un container couleur mer. swissinfo.ch

Invité dominical sur la Grande scène du Paléo festival: Yann Tiersen, dont la B.O. d'Amélie Poulain a porté le talent au grand jour. Rencontre.

Ils sont dix en scène. Tiersen, évidemment en pull breton, qui alterne piano, accordéon, violon, guitare et autres machins musicaux divers. Autour de lui, un quatuor à cordes, mais aussi batterie, «percus», basse, «lan pipe»et ondes Martenot! Intimiste, Iann Tiersen? Oui, malgré tout. En tout cas avant de rappeler à lui sa mémoire rock.

Il était déjà venu au Paléo Festival de Nyon en 1998. Timide et discret. Pas grand monde ne le connaissait alors. Derrière lui, il y avait son passé classique, sa parenthèse post-punk, et trois disques déjà très ‘tierseniens’: «La valse des monstres» (95), «Rue des cascades» (96) et «Le Phare», paru cette année-là, qui lui avait permis de sortir ses petites perles instrumentales de l’anonymat.

Le fabuleux succès du fabuleux destin de qui vous savez, signé Jean-Pierre Jeunet et porté par la musique du Brestois, a évidemment propulsé ce dernier dans le ciel des vedettes du box-office. Côté amusant de l’affaire: une dizaine de titres présents sur la B.O. en question sont des reprises d’albums antérieurs…

Incontournable Amélie

Rencontre avant le concert. Et manifestement, Tiersen n’adore pas le jeu de l’interview. Plutôt les notes que les mots, on y revient. Impossible néanmoins de ne pas aborder le ‘boum’ Amélie Poulain. Quel changement le film a-t-il entraîné dans le parcours de Tiersen? «Surtout une ouverture à l’étranger, c’est tout».

Le fait d’avoir un public plus large a-t-il un impact sur sa façon d’envisager la musique? «Non. Alors pas du tout du tout. Du tout!» réagit Tiersen. Et de préciser: «Justement parce que la B.O. d’Amélie Poulain, c’est un résumé de mes albums, et quelques musiques faites pour le film. Ce n’est pas un truc en soi.»

Quel souvenir garde-t-il de cette expérience? «Je suis très content de la façon dont on a travaillé avec Jean-Pierre Jeunet, c’est-à-dire à l’instinct. Il plaçait mes chansons où il le voulait, sans intellectualiser le truc. C’est ce que je reproche aux autres réalisateurs en général, c’est qu’ils essaient de donner un sens à tout, et souvent ça aboutit à des conneries. Là, c’est une rencontre, professionnelle et personnelle. J’aime bien comment travaille ce mec».

«Sinon, les musiques de film, c’est toujours un truc qui me tombe dessus, sans que je le cherche. Et ce sera toujours comme ça, parce que je n’en ferais pas un métier. Je ne sais pas faire ça».

La démarche de Tiersen

Tiersen a quitté le bricolage – les joies du home studio – depuis un moment. S’il continue de réaliser les bases de ses chansons à la maison, l’enregistrement de son dernier album s’est tout de même fait en studio.

Quant à la scène, il y voit une autre fonction: «L’intérêt des concerts, c’est de prendre les morceaux par un autre angle, et d’avoir du recul par rapport à eux. Au moment où on les fait, où on les enregistre, on a un peu trop la tête dedans. Parfois, la scène permet même de faire de plus belles versions…»

De manière plus générale, comment résumer la démarche musicale de Tiersen? «J’aime bien les choses simples, en fin de compte. Et même quand je compose des instrumentaux, cela se rapproche toujours de la chanson. Fixer l’instant, quoi… Je ne vise pas l’ampleur, c’est plutôt une accumulation de petites choses.»

Mais encore? «Quand je travaille, j’essaie de faire le vide et de ne penser à rien. Laisser remonter les choses, un peu comme une thérapie. Quand je fais un morceau, je sens s’il me ressemble ou non, s’il est sincère ou pas. C’est mon seul critère.»

Tiersen a envie ou de se taire, ou de rigoler, ou de faire de la musique. L’un, l’autre ou les trois. Alors on le relâche. Il se sent tellement mieux face à un instrument que face à un journaliste…

swissinfo/Bernard Léchot

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