Un Kosovar de Suisse ouvre le premier bordel de Pristina
Milaim Maraj possède six boites de nuit en Suisse alémanique. Originaire du Kosovo, il a ouvert sur les hauteurs de Pristina, le Miami Beach, le premier bordel «officiel» du pays.
Le Miami Beach est un club privé. Pour y entrer, il faut simplement débourser 20 DM, la monnaie officielle de cette province de l’ex-Yougoslavie. Cela vous donne droit à une carte de membre de couleur jaune, illustrée par une jeune fille au T-shirt relevé au-dessus de ses seins.
Au-dessus de la piste de danse de ce «cabaret», une multitude de drapeaux, dont celui de la Suisse, trônent en évidence. Milaim Maraj, 44 ans, possède plusieurs boites de nuit sur le territoire de la Confédération helvétique, notamment dans le canton de Zurich et à Saint-Gall.
Costume noir rayé, cheveux bruns peignés en arrière, et montre cerclée de diamants, le patron du premier bordel de luxe du Kosovo se veut d’abord un artiste. «Je fais venir des artistes des pays de l’Est. Je vais les auditionner personnellement en Roumanie, en Hongrie, en Arménie, en Russie», raconte-t-il dans un curieux «sabir» mélangeant l’allemand, l’italien et l’albanais.
Les 24 «danseuses» du Miami Beach ne font guère de manière pour embrasser goulûment les clients sur la bouche et pour multiplier les strip-teases. La clientèle préférée de Milaim Maraj? Les 70 000 fonctionnaires internationaux, militaires, et membres des ONG, qui participent à la reconstruction du Kosovo.
«Je viens de recevoir des Moldaves, je vous les recommande. Elles valent largement les Lituaniennes», lâche, sans gêne, le patron du Miami Beach. «Les filles sont libres et je les paie. Elles ont droit à 20 pour cent sur les consommations des clients», ajoute-t-il.
Ensuite, les plus jolies ou les plus appréciées partiront distraire les habitués des boîtes de nuit de Milaim Maraj en Suisse. Et les autres, les moins belles? «Elles sont destinées au marché local», explique calmement le propriétaire de ce bordel. Elles iront dans de sordides bars à putes où la clientèle locale ne peut pas se payer des passes à 200, 300 ou 500 DM».
Ian Hamel, Pristina
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