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Un monstre prêt à être sacré

Pascal Obispo, ou la maîtrise de soi et de la scène Keystone

Mercredi à Paléo, la star du jour s'appelait Pascal Obispo. Spectacle énorme et imparable, qui n'a pu qu'enthousiasmer son public, heureux. Alors pourquoi les réticences des autres?

La cérémonie commence par des éclairs et une musique pompière à souhait: on se croirait chez Hallyday ou éventuellement dans la Guerre des Etoiles. Le ton est donné: Pascal Obispo veut jouer dans la cour des grands. Et c’est indéniable, il y joue, avec un show ambitieux et parfaitement huilé, en tout cas après que ses ingénieurs du son eurent amélioré un son d’abord quelque peu poisseux.

Lumières somptueuses, musiciens impeccables (avec notamment Christophe Deschamps à la batterie et le fidèle guitariste Pierre Jaconelli en guise de directeur musical), avec un goût certain pour les gros sons, typés seventies… Un goût confirmé par le clin d’œil au «Won’t Get Fooled Again» des Who, en ouverture à une version musclée de «Sa raison d’être».

Tous les talents

En deux heures de spectacle, Pascal Obispo confirme qu’il est un remarquable compositeur, au sens mélodique évident: défilent notamment «Assassine», «Personne», «Soledad», l’incontournable «Lucie», «Les meilleurs ennemis du monde», avec le public pour remplacer la compagne d’antan, «L’important c’est d’aimer», et bien sûr «L’île aux oiseaux», juste avant les rappels: «Ce qu’on voit, Allée Rimbaud», «Pas besoin de regrets», et une tendre ballade inédite.

Il est également un interprète sans faille: sa maîtrise vocale n’est jamais prise en défaut. Et une bête de scène. Jovial, sans les excès de copinage à la Bruel. Humble, avec ses remerciements à répétition. Très théâtral lorsque le lyrisme de ses chansons le lui permet. Le mot «aimer», véritable leitmotiv de ces deux heures, est décliné de mille façons.

Et toutes les ambitions?

On a le sentiment qu’Obispo a tout appris et tout compris. Et que même s’il prétend ne pas aimer le mot «carrière», son approche de la chanson est extrêmement réfléchie, calculée. «Il faut aller dans le sens du public», dit-il lors de la conférence de presse qu’il donne, parfaitement détendu, avant sa prestation. Avant de corriger légèrement le tir: «Etre soi-même, mais si le public aime ce qu’on est, ne pas le décevoir».

Un terrible ambitieux se cache-t-il derrière l’image généreuse de l’artiste? On pourrait sans doute se faire la remarque à propos de pas mal de vedettes. Mais c’est peut-être cette impression qu’Obispo est un «faiseur» – impression juste ou fausse, mystère – qui explique le manque de reconnaissance professionnelle dont il pâtit et qui revient d’ailleurs toujours sur le tapis.

Ce qui a évidemment été le cas à Paléo, face à la presse. Mais cette question ne déstabilise pas le chanteur: «La consécration, ce sera quand je viendrai aux Victoires de la Musique et que je poserai un Grammy Award sur la table», dit-il en riant. Pascal Obispo ne doute de rien, et en tout cas pas de ses armes. Et il a peut-être raison.

Bernard Léchot

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