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Un procès sans cassation

En tournée romande, Claude Brasseur et Michel Bouquet jouent dans «A torts et à raisons». La pièce du britannique Ronald Harwood porte à la scène la figure d'un chef d'orchestre allemand accusé de collaboration avec les nazis.


Si l’on pouvait comparer l’art dramatique à la couture, on dirait que «A torts et à raisons» est du théâtre de prêt-à-porter. Des répliques bien ajustées et taillées dans un tissu solide: l’instruction du dossier de Wilhelm Furtwängler (1886-1954), grand chef d’orchestre allemand accusé d’avoir frayé avec les nazis.

Le tout surfilé d’un coton kaki qui installe une atmosphère militaire. Ce prêt-à-porter est également prêt à la grosse consommation. Le public en apporte la preuve, qui débarque en masse dans la salle du Forum Meyrin; d’autant que ceux qui portent «A torts et à raisons» sont Claude Brasseur et Michel Bouquet.

Le premier joue le rôle d’un commandant américain chargé d’enquêter sur Furtwängler incarné, lui, par le second. L’interrogatoire se déroule en 1946, à Berlin, dans le bureau du commandant que le décor (copie exacte d’un siège de l’armée) dépersonnalise à force de vérisme.

Pas de surprise donc sur le plan de la scénographie. Pas de surprise non plus quant à la facture du texte, expertement écrit, mais s’abandonnant aux flux et reflux des obsessions du commandant; lequel tente désespérément de coincer Furtwängler sans pouvoir réunir les preuves contre lui.

Sur une mise en scène Marcel Bluwal, la pièce se nourrit de pas mal de clichés: à l’inculture de l’Américain s’oppose le raffinement de l’Européen. Du déjà entendu qui n’empêche pas cependant le spectacle de bien fonctionner. C’est dire que le piège de l’écriture marche à fond.

C’est dire aussi que les deux vedettes jouent bien. Brasseur fonce en sauvage dans son for intérieur et dans son rôle. Face à lui, Bouquet tempête ou se réfugie dans de longs silences. Deux états contradictoires qui font de son personnage un animal blessé et un artiste inquiété par son sort de citoyen allemand.

Ghania Adamo

«A torts et à raisons». Forum Meyrin (GE), le 28 sept. Loc. 022/989 34 34. Monthey, Théâtre du Crochetan, le 29 sept Loc. 024/471 62 67. Morges, Théâtre de Beausobre, 31 oct. et 1er nov. Théâtre de Vevey, le 2 nov. Bienne, Théâtre Palace, le 26 mars.


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