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Une extravagance aristocratique

paysage avec parents éloignés (GTC/Carole Parodi). swissinfo.ch

En création mondiale, le Grand Théâtre de Genève présente, au BFM, «Paysage avec parents éloignés».

Un opéra composé et mis en scène par l’Allemand Heiner Goebbels. Somptueux.

C’est un enchantement d’atmosphères, de formes, de couleurs. Une merveille de poésie, de finesse de drôlerie, que l’Allemand Heiner Goebbels, compositeur et metteur en scène, exalte dans cet opéra-théâtre au titre évocateur et contrasté: «Paysage avec parents éloignés».

Evocateur, parce qu’on y lit l’allusion à la peinture, et notamment aux tableaux de Nicolas Poussin («Paysage avec Polyphène», par exemple). Contrasté, parce que ces «parents éloignés» que sont les civilisations différentes des nôtres ne nous ont jamais paru aussi proches.

L’universalité est à l’ordre du jour

Et pour cause. Nous sommes au XXIe siècle. L’universalité est à l’ordre du jour. Dans le spectacle, elle cherche son territoire. Et le trouve en musique et en paroles.

La musique de Heiner Goebbels est interprétée ici par l’Ensemble Modern de Francfort et par les chœurs du Grand Théâtre de Genève qui propose – dans la salle du BFM – ce «Paysage» en création mondiale.

Sans oublier les paroles de T.S Eliot, Michel Foucault, Giordano Bruno, Henri Michaux, Nicolas Poussin…

Mots et mélodies cheminent, donc, côte à côte dans un chassé-croisé de monologues et de dialogues chantés, qui semble ne mener nulle part. Mais qui au fond nous conduit à notre propre perception du réel.

Ce réel-là revêt dans le spectacle les formes d’une extravagance aristocratique. Un chant hindi suffit pour qu’une torpeur lumineuse envahisse le spectateur. Lequel aura déjà frôlé le ciel de la transe mystique en suivant la danse dopante d’une quinzaine de derviches tourneurs.

Comme le murmure de l’espoir

Heiner Goebbels laisse dans les coulisses la rationalité au profit d’un syncrétisme qui mêle voluptueusement Orient et Occident; mysticisme et hédonisme; théâtre de marionnettes et architecture; métaphysique et géométrie; peinture et chorégraphie; guerre et paix.

Mais la peinture de Goebbels va au rythme d’images réinventées et de personnages revisités. Comme l’évocation du célèbre tableau de Vélasquez, «Les Ménines», dans une scène de pure poésie. Et les guerriers du metteur en scène se déplacent en dansant, avec des bottes qui font le bruit de chaussons.

Quant à la paix, elle est une fête entonnée à l’unisson au cours d’une séquence bucolique où la voix des chanteurs s’élève comme le murmure de l’espoir.

swissinfo/Ghania Adamo

«Paysage avec parents éloignés». A Genève, Grand Théâtre, salle du BFM jusqu’au 26 octobre. Tel: 022/418 30 00

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