Une irrésistible envie de filiation
La Galerie de la Comédie de Genève expose «Mobiles & Immobiles», une série de sculptures métalliques du dramaturge suisse Pascal Nordmann.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le jeune Suisse Pascal Nordmann sait mettre en valeur le côté ludique de la création artistique. Il vient d’en donner la preuve dans «Muséum», sa pièce actuellement à l’affiche de la Comédie de Genève. Il y dépeint les figures de l’écrivain, de l’acteur et du spectateur, activant ainsi un jeu de renvoi à d’autres dramaturges, Pirandello en tête.
Même jeu dans l’exposition «Mobiles & Immobiles» qui regroupe des oeuvres du même Nordmann, réalisées entre 1998 et 2002 et présentées à la Galerie de la Comédie.
Auteur de théâtre, Nordmann est également sculpteur. Et ses sculptures métalliques témoignent d’un esprit de dérision et d’une envie de filiation qui le fait s’apparenter à d’illustres artistes, comme l’Américain Alexander Calder et le Suisse Jean Tinguely.
Le message principal inscrit en filigrane dans l’exposition est de redonner sa place à l’artisan de la sculpture, à la main, au dessin et à la pensée du créateur confronté aujourd’hui à la virtuosité des machines.
Vache à plume et billet de banque
Celles qu’invente Nordmann sont d’une simplicité moqueuse. Pour preuve, cette série de dix-huit installations ironiquement intitulée «This is the beginning of a beautiful friendship» («Voici le début d’une merveilleuse amitié»). Titre qui ne répond à aucune fonction pratique, comme d’ailleurs les machines qu’il représente et qui se mettent en branle dès que vous appuyez sur un bouton.
S’entrechoquent alors, dans un mouvement aussi inutile qu’assourdissant, un assemblage d’éléments constitué d’une vache à plume, de voitures en tôle et en miniature, d’une paire de lunettes, d’une tête de souris flanquée d’un billet de banque… Le tout est relié par des fils métalliques, matériau de base que l’on retrouve dans les sculptures immobiles.
Pour réaliser celles-ci, Nordmann procède à un collage d’objets en situation critique: un livre aux pages clouées, un soulier de bois sur une palette de peinture, une limousine encastrée dans un mur de toile… L’ensemble offre un paysage drôle et accidenté, manière d’attirer l’attention sur une vie hors normes. Et hors cadre.
swissinfo/Ghania Adamo
«Mobiles & Immobiles», à la Galerie de la Comédie de Genève. Jusqu’au 28 avril. Du mardi au vendredi de 10h30 à 18h. Ainsi que les soirs de spectacle. Entrée libre
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