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Affaire Marc Rich: un nouveau témoin se dérobe

De gauche à droite, Jack Quinn, Beth Nolan, Bruce Lindsey et John Podesta de l'ancienne équipe Clinton. Keystone

L'ancienne directrice financière du parti démocrate refuse de témoigner dans le cadre de l'enquête parlementaire sur la grâce controversée accordée par l'ancien président Bill Clinton à Marc Rich. Beth Dozoretz adopte la même attitude que l'ex-épouse de l'homme d'affaires, réfugié en Suisse depuis 1983.

C’est accompagnée de ses avocats que Beth Dozoreth est apparue jeudi soir à Washington devant la commission gouvernementale de la Chambre des représentants. Sa déclaration a été très brève: l’ancienne trésorière du parti démocrate a invoqué le cinquième amendement de la Constitution des Etats-Unis.

Cette disposition permet à un individu de refuser de répondre à des questions afin d’éviter de s’exposer à des poursuites. Elle a également refusé de s’engager à coopérer avec l’enquête judiciaire menée sur l’amnistie de Marc Rich par un procureur de New York.

Mme Dozoretz travaille actuellement pour la fondation créée par Bill Clinton, où elle est chargée de collecter de l’argent pour la construction des archives de l’ancien président des Etats-Unis.

Elle est aussi une amie de l’ancienne épouse de Marc Rich, Denise, qui a versé près d’un million et demi de dollars au parti démocrate, lors de différentes campagnes électorales du couple Clinton ainsi qu’à la Fondation Clinton.

La stratégie choisie par ce personnage important au sein du cercle des intimes de Bill Clinton reflète l’attitude adoptée par Denise Rich elle-même.

Il y a deux semaines, celle-ci a refusé de déposer devant le Congrès. Or, l’invocation du cinquième amendement donne toujours l’impression que la personne qui demande sa protection a quelque chose à se reprocher.

En l’absence d’un témoignage de la part de Mme Dozoretz, la commission n’a donc à nouveau pas pu approfondir la question d’un lien éventuel entre les généreuses contributions de Mme Rich et l’amnistie de son ex-mari.

Néanmoins, les membres de la commission – surtout, ses élus républicains -, ont mis sur le grill trois anciens conseillers de Bill Clinton: l’ancien chef de cabinet John Podesta, l’ancien assistant personnel du président, Bruce Lindsey, et l’ancienne directrice du service juridique de la Maison Blanche, Beth Nolan.

Ces trois témoins sont tombés d’accord pour dire que toute l’équipe de M. Clinton était opposée à l’octroi d’une amnistie à Marc Rich et son associé, Pincus Green, lui-aussi réfugié en Suisse.

Néanmoins, MM. Podesta et Lindsey ainsi que Mme Nolan ont assuré que M. Clinton avait accordé l’amnistie pour des raisons juridiques. Ils ont également estimé que les appels répétés de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak en faveur de Marc Rich avaient emporté la décision du président américain.

Marie-Christine Bonzom, Washington

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