Bataille judiciaire pour la pub de la Nati
La publicité de l'équipe Suisse de foot a été vendue deux fois: à Sunrise et Swisscom! Un juge a failli interdire le match Suisse-Italie.
Cette affaire, qui embarrasse l’Association suisse de football (ASF), va probablement être tranchée par la justice.
L’histoire est rocambolesque. Mercredi soir, le match d’inauguration du Stade de Genève entre la Suisse et l’Italie a failli ne pas avoir lieu.
Trois heures avant le coup d’envoi, un juge genevois arpentait le terrain et envisageait d’interdire la rencontre. Non pas pour des raisons de sécurité, mais à cause d’un différent sur un contrat de sponsoring.
Branle-bas de combat
En mars dernier, l’opérateur téléphonique Sunrise annonce avoir conclut avec la Ligue nationale de football un partenariat d’un an pour le tour final 2003 du championnat de Suisse. Sunrise devient le partenaire télécommunications officiel.
En parallèle à ce contrat, Sunrise signe un accord qui lui permet de mettre son logo sur les bandeaux déroulant lors des rencontres à domicile de l’équipe nationale helvétique.
Pour cela, l’opérateur mandate la société de St-Gall ISA International Sports Agency qui conclut un contrat avec la maison Karl Tobler.
Cette entreprise s’occupe de la gestion des panneaux publicitaires qui entourent les terrains de foot helvétiques.
Tobler est notamment sous contrat avec l’Association Suisse de Football (ASF) et à l’exclusivité pour les sponsors de l’équipe nationale.
Mardi, à la veille du match, coup de théâtre. Swisscom annonce qu’il vient de signer un accord de sponsoring avec l’ASF pour les rencontres de la Nati et que son logo apparaîtra pour la première fois lors de Suisse-Italie, notamment sur les bandeaux déroulant.
En clair, la même prestation a été vendue deux fois à deux concurrents directs!
Chez Sunrise c’est le branle-bas de combat lorsqu’on apprend que la société Tobler est en train de remplacer au Stade de Genève son logo par celui de son rival.
Un juge sur le terrain
Une action judiciaire est lancée et un juge d’Olten prend des mesures «superprovisoires» pour interdire cette modification. C’est un de ses confrères genevois qui est chargé de faire appliquer cette décision.
Il se rend sur le terrain mercredi en fin d’après-midi, mais le changement de panneaux est déjà effectué et impossible de faire machine arrière. Sagement, le juge décide de ne pas bloquer la partie.
La suite de l’affaire va se jouer devant la justice. «Nous envisageons de porter plainte contre ISA, notre agence média, pour non-respect du contrat et de demander des dommages et intérêts», explique Mathieu Janin, porte-parole de Sunrise.
L’enjeu est important puisque l’opérateur a investi plusieurs millions dans ces accords sur le foot.
Pour sa part ISA précise qu’elle va se retourner contre la société Tobler. «Cette entreprise nous a vendu l’exclusivité des droits pour le secteur des télécommunications au profit de Sunrise», confirme un responsable d’ISA.
Malgré nos appels répétés, nous n’avons pas réussi à joindre le patron de Tobler.
L’ASF dans la tourmente
A l’ASF, c’est l’embarras qui prédomine et on admet qu’il y a peut-être eu un manque de communication entre les multiples intervenants.
«S’il n’y a pas un accord à l’amiable, c’est la justice qui tranchera», précise Peter Gilliéron, son secrétaire général.
Réponse au plus tard le 7 juin à Bâle lors du match Suisse-Russie qui compte pour la qualification à l’Euro 2004. L’on saura alors qui de Swisscom ou de Sunrise aura le privilège de figurer sur les bandeaux déroulant.
swissinfo, Luigino Canal
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.