Bertogliati rentre dans le rang
A l'issue de la 3e étape du Tour de France, Metz-Reims, Rubens Bertogliati a perdu son maillot jaune. Mais le Tessinois a marqué ce début de Tour. Réactions.
Le jeune Tessinois a donc cédé son maillot de leader, au profit de l’Allemand Erik Zabel, par le biais des bonifications. Il restera toutefois comme l’homme qui a marqué ce début du Tour de France.
Une forte impression
Il laisse, notamment, une forte impression à Jean-Marie Leblanc. Spectateur privilégié, le directeur de l’épreuve l’admet: «avant l’arrivée de la première étape, j’ignorais tout de Bertogliati».
«Son nom était sur la liste des engagés, poursuit Jean-Marie Leblanc. Mais j’étais incapable de mettre un visage, une référence, une performance sur ce nom. Son coup de patte dans la dernière côte précédant l’arrivée à Luxembourg m’a stupéfait…»
Et d’ajouter: «comme ma voiture roule une centaine de mètres devant le peloton, j’ai assisté à son démarrage en direct. C’était magnifique».
Le jeune Tessinois rappelle même à Jean-Marie Leblanc d’anciens cyclistes, comme Bitossi, Altig et surtout Willy Teirling (ndlr: six victoires d’étape sur le Tour au début des années soixante-dix). «Ils avaient cette faculté de placer de tels démarrages», précise le directeur de l’épreuve.
Un bon petit champion
Et le directeur du Tour de conclure: «tout ce que j’entends sur lui est rassurant. Il possède une morphologie un poil lourd pour la haute montagne (ndlr: 73 kilos pour 180 centimètres) Il a tout pour faire un bon petit champion, au minimum».
Autre spectateur privilégié, le docteur Gérard Porte, médecin-chef du Tour: «le hasard a voulu que je le suive lors du prologue. Il m’a fait une forte impression. Et la manière dont il a défendu son maillot, le lendemain, démontre un mental fort. Ce garçon possède un gros potentiel».
Côté des directeurs sportifs, Serge Parsani (Mapei) relève: «le numéro qu’il a fait relève d’un grand coureur. Argentine était capable de tels exploits. J’ai vu rouler Rubens en Italie chez les juniors. Je savais qu’il possèdait de grandes qualités».
Quel avenir?
Pour sa part, Manolo Saiz (Once) lâche: «il a fait un très bon prologue (ndlr: il a cédé 17» à Armstrong). Maintenant il faut voir comment il va passer la haute montagne. Ce qui est sûr, c’est que tout cela est bien pour le cyclisme, pour la relève».
Ancien coureur et baroudeur, le Breton Ronald Pensec souligne: «reste maintenant à savoir dans quelle catégorie ranger Bertogliati: rouleur, grimpeur, coureur d’un jour, par étapes? Mais une chose est certaine: il a de la classe».
La conclusion appartient à notre confrère Philippe Brunel qui écrit dans le quotidien français «L’Equipe»: «qui est-il au juste? Un simple passage dont l’histoire oubliera le nom? Un météorite comme le cyclisme en a connu? Ou ce futur crack des pelotons dont parle Giuseppe Saronni, le manager de la «Lampre»?»
swissinfo/Pierre-Henri Bonvin à Reims
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