Coca-Cola épinglé à Berne
Dans le cadre d'une journée d'action internationale, une poignée d'activistes dénonce les pratiques du limonadier américain en Colombie. Et s'en prend aussi à Nestlé.
La journée d’action qui a réuni une vingtaine de personnes lundi, à Berne, s’est également déroulée dans d’autres capitales européennes, selon Barbara Rimml, de la section suisse d’Attac, l’une des principales organisations antiglobalisation en Europe.
«Nous voulons en premier lieu informer les Suisses des graves accusations portées contre Coca-cola», précise Barbara Rimml.
Le géant d’Atlanta fait en effet l’objet d’une plainte devant un tribunal fédéral de Miami aux Etats-Unis. Un syndicat colombien de l’alimentation accuse la firme d’avoir fait appel durant les années 90 à des paramilitaires.
Et ce, pour assassiner, torturer et séquestrer des responsables syndicaux travaillant dans ses usines de mise en bouteille en Colombie.
Cette action en justice lancée le 21 juillet 2001 est soutenue par le syndicat américain des métallurgistes et la Fondation internationale pour les droits du travail.
Une lettre au gouvernement suisse
En marge de cette procédure judiciaire, plusieurs actions de sensibilisation ont été prévues. Comme la mise sur pied d’un «tribunal populaire».
La première séance de cette cour inofficielle doit se tenir lundi à Atlanta. Une deuxième séance est agendée le 10 octobre à Bruxelles et une troisième doit se tenir le 5 décembre à Bogota.
En Suisse, plusieurs organisations comme Attac ou le Groupe de travail Suisse-Colombie entendent également dénoncer les pratiques du groupe. Et ce, au travers d’une campagne intitulée: «Arrêtez la terreur des multinationales! Campagne pour les droits de l’homme».
Les activistes suisses ont, en particulier, envoyé lundi une lettre au gouvernement suisse. Un courrier adressé également au secrétariat d’Etat à l’économie (seco) et aux parlementaires Claude Frey et Maximilian Reimann.
Soulignant l’engagement de la diplomatie suisse en faveur de la paix et du respect des droits de l’homme en Colombie, les signataires demandent au Conseil fédéral de réagir à ses accusations.
Dans leur lettre, les ONG mettent également en cause Nestlé. Le géant suisse de l’alimentation est accusé de ne pas respecter la liberté syndicale en Colombie.
Démentis cinglants
Une accusation fermement démentie au siège du groupe à Vevey. «Nous réfutons formellement les accusations de ces mouvements. A l’analyse, il s’avère que ces reproches sont soit de basses suppositions, soit des contre-vérités flagrantes», estime le porte-parole de Nestlé, François-Xavier Perroud.
Et François-Xavier Perroud de poursuivre: «Ces gens ont allégrement mélangé des cas Coca-Cola et Nestlé. C’est un procédé très grave».
Le limonadier américain qui vient de racheter l’entreprise suisse Walser n’est pas en reste. «Les allégations des manifestants sont complètement fausses», affirme le groupe dans un communiqué.
«Elles ne sont rien d’autre qu’une tentative de se faire de la publicité en usant du nom de Coca-Cola», répond encore le géant américain. Dans son communiqué, Coca-Cola précise également avoir des relations «suivies et normales» avec les syndicats en Colombie et partout en Amérique latine.
La multinationale rappelle également que la justice colombienne s’est déjà penchée sur ces accusations en 1997 et 2001 sans pouvoir conclure à des manquements.
swissinfo
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