Droits de l’homme: Amnesty international dénonce une nouvelle fois l’Arabie saoudite
A Lausanne et à Londres, Amnesty international publie un rapport sur la justice «inique» pratiquée dans le royaume wahabite. Une dénonciation que la Suisse soutient.
Le 17 avril dernier, devant la Commission des Droits de l’homme de l’ONU à Genève, la délégation suisse a épinglé plusieurs pays pratiquant la peine de mort. Elle s’est, en premier lieu, déclarée préoccupée par le fait que «plusieurs pays pratiquent encore la peine capitale pour des crimes commis par des mineurs», en citant notamment l’Arabie saoudite, l’Iran, le Nigéria, le Pakistan et les Etats-Unis.
Dans la foulée, le représentant suisse a déploré que certains pays «procèdent à des exécutions en masse et en public», en citant, cette fois, l’Afghanistan, le Vietnam, l’Arabie saoudite et la Chine.
Utilisant son droit de réponse, l’Arabie saoudite a nié avoir exécuté des mineurs et procédé à des exécutions en masse. La Suisse a été sommée d’apporter les preuves de ses «allégations» ou de présenter ses excuses devant la commission des droits de l’homme.
Quant au représentant vietnamien, il a qualifié les propos helvétiques sur les exécutions en masse et en public d’irresponsables. Il a nié que de telles pratiques se déroulent dans son pays.
Déplorant l’absence de réponse de la part de la Suisse, le groupe des pays asiatiques a renchéri le 28 avril en dénonçant la Suisse et en qualifiant ses propos d’«allégations sans fondements».
La délégation helvétique a défendu sa position en se référant à un rapport du secrétaire général des Nations-Unies. Mais les termes employés dans ce rapport ne sont pas les mêmes que ceux tenus par la Suisse. Par ailleurs, la liste des pays épinglés par Kofi Annan est beaucoup plus longue.
Mais c’est l’expression «exécutions en masse» qui a particulièrement choqué les pays visés. Et l’Arabie saoudite peut-être plus que les autres. Résultat: Berne et Ryad tentent actuellement tant bien que mal de recoller les pots cassés.
Frederic Burnand
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