Droits de l’homme en Chine: la Suisse préoccupée, mais prudente
Joseph Deiss était l’hôte de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, ce mardi, à Genève. Le chef de la diplomatie suisse s’est exprimé sur les dossiers brûlants du moment. Notamment sur celui de la Chine qui le préoccupe plus particulièrement.
Joseph Deiss était l’hôte de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, ce mardi, à Genève. Le chef de la diplomatie suisse s’est exprimé sur les dossiers brûlants du moment. Notamment sur celui de la Chine qui le préoccupe plus particulièrement.
La Chine sera, une fois de plus, au cœur des débats de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, dont la session annuelle s’est ouverte lundi. Les Etats-Unis feront tout pour obtenir la condamnation de Pékin, ce qui provoque d’ores et déjà la colère de la presse chinoise qui dénonce cette «politique occidentale du gourdin». Les Européens, eux, ont pour le moment choisi de rester discrets sur leurs intentions.
La Suisse, par la voix de Joseph Deiss, se dit «très préoccupée par les mesures répressives sévères exercées (en Chine) à l’encontre de minorités et de groupes religieux, entre autres les Tibétains». Leurs droits fondamentaux, dit-il, sont «régulièrement restreints voire bafoués». Idem pour d’autres citoyens et mouvements démocratiques qui veulent exercer leurs droits politiques. La Suisse parrainera-t-elle, comme c’est son droit, une éventuelle résolution de la Commission contre la Chine? Le gouvernement n’a pas encore pris sa décision, répond le ministre des Affaires étrangères qui attend d’en voir le texte définitif.
Autre dossier très sensible: celui de la Russie et de la Tchétchénie. On se souvient qu’en décembre dernier, Berne disait reconnaître le droit de tout Etat «à lutter contre le terrorisme par des moyens adéquats», précisant alors que les actions militaires russes en Tchétchénie étaient «disproportionnées». Joseph Deiss, devant la Commission des droits de l’homme, va un peu plus loin en appelant Moscou «à faire toute la lumière sur les exactions qui auraient été commises en Tchétchénie et à poursuivre et punir les responsables».
La Suisse qui – faut-il le rappeler? – n’est pas membre de cet organe des Nations Unies, avance, on le voit, à pas feutrés, y compris à l’égard des Etats-Unis qui continuent d’appliquer la peine de mort, même «à l’encontre de mineurs et parfois dans des procès qui n’offrent pas toutes les garanties nécessaires».
«A nous d’agir», conclut Joseph Deiss. De ce point de vue, la Suisse annonce qu’elle ratifiera bientôt la Convention contre le génocide, mais aussi le statut de la Cour pénale internationale qui peine à voir le jour et dont on aurait bien besoin «avant que les crimes qui nous interpellent aujourd’hui ne commencent à tomber dans l’oubli». Mais le ministre sait aussi, comme chacun, qu’il ne suffit pas d’adopter des textes. Encore faut-il les appliquer.
Bernard Weissbrodt
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