Espace Schengen: le courant passe entre la Suisse et l’UE
Les Quinze accueillent favorablement la demande suisse d'être associée à l'Espace Schengen. Leurs représentants l'ont dit lundi à la Commission européenne qui leur exposait les résultats d'une première réunion technique organisée la semaine dernière.
Paradoxe: depuis le «non» cinglant du peuple suisse à l’ouverture immédiate de négociations d’adhésion, tout semble aller pour le mieux dans les relations bilatérales entre la Suisse et l’Union.
En guise de tournant, il y a eu la lettre du Premier ministre suédois Göran Persson au président de la Confédération, «cher Moritz» Leuenberger. Cette missive apportait le signe attendu par Berne pour entrer dans un nouveau cycle de négociations, loin des menaces voilées – puis niées – du Commissaire Chris Patten.
Les diplomates des Quinze réunis au sein du «groupe AELE» se sont penchés lundi sur la demande suisse de participer à l’Espace Schengen. Le représentant de la Commission leur a expliqué que la Suisse s’intéressait à tout l’acquis Schengen. Qu’elle ne cherchait pas à n’en prendre que ce qui l’arrange, comme par le passé. Un participant à la réunion de lundi observe que les Quinze sont «ravis de cet état d’esprit de la Suisse».
Aucun Etat n’a fait part de la moindre réticence de principe sur la participation de la Suisse à Schengen. Au contraire, les Quinze la voient «d’un bon œil», note le même participant.
Cela n’allait pas de soi: on se doutait que les pays voisins de la Suisse avaient tout intérêt à améliorer leur collaboration douanière. C’était moins évident de la part de pays plus éloignés qui pourraient signifier à la Suisse que l’Espace Schengen est réservé aux membres de l’Union, exception faite des cas «spéciaux» de la Norvège et de l’Islande.
Certes, l’atmosphère positive doit encore s’avérer à un plus haut niveau, et les questions techniques et institutionnelles restent nombreuses. Un groupe d’experts du Conseil des ministres de l’Union européenne sera chargé de déblayer le terrain, avant la prochaine réunion du groupe AELE, prévue le 2 avril.
En attendant, l’Union et la Suisse feront un tour d’horizon de tous les sujets ce vendredi à Bruxelles.
Thierry Zweifel, Bruxelles
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