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Et si l’affaire Pinochet avait ouvert la brèche?

Rentré au Chili le 3 mars 2000, Augusto Pinochet doit aujourd'hui rendre des comptes. Keystone Archive

Un réfugié tunisien a saisi la justice genevoise contre l'ancien ministre de l'Intérieur, Abdallah Kallal, de passage à Genève. Mais la police du canton n'a pas pu localiser le responsable tunisien, qui serait rentré dans son pays.

La justice et la police genevoises ont pourtant agi avec célérité, selon Eric Sottas, directeur de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Apprenant qu’Abdallah Kallal était vraisemblablement soigné à l’Hôpital cantonal de Genève, plusieurs Tunisiens vivant en Suisse ont, dans un premier temps, contacté l’OMCT.

Suite à cette démarche, le 14 février dernier, Me François Membrez a déposé une plainte auprès du Parquet genevois contre l’ancien ministre de l’Intérieur tunisien, destitué au début de l’année lors d’un remaniement ministériel.

La plainte a été déposée au nom d’Abdennacer Naït-Liman, un Tunisien qui a obtenu le statut de réfugié en Suisse et qui affirme avoir été torturé dans les locaux du Ministère de l’intérieur en 1992. Pour Eric Sottas, la plainte est sérieuse: «Lors de sa demande d’asile, son cas a fait l’objet d’un examen approfondi et plusieurs ONG ont également évalué son dossier par la suite».

Après avoir mené des recherches dans les hôpitaux et dans les hôtels du canton, le procureur général de Genève, Bernard Bertossa, a conclu, selon l’AFP, que l’ancien ministre «n’était plus là».

Mais, pour Eric Sottas, il subsiste un doute. «Abdallah Kallal a, semble-t-il, été nommé ministre, conseiller auprès du président Ben Ali. Mais son nom ne figure pas sur la liste publiée à la suite du remaniement ministériel du 23 janvier. Il est donc possible que cette récente nomination et l’immunité qui en découle serve à protéger l’ancien ministre de l’Intérieur contre des actions en justice. Donc, il se trouve peut-être encore sur territoire suisse.»

Quoi qu’il en soit, cette affaire témoigne de la recrudescence des actions en justice contre les présumés tortionnaires. Une évolution qui date de l’affaire Pinochet et en faveur de laquelle l’OMCT œuvre activement.

«Avant cette affaire, nous récoltions l’information et la diffusions dans les médias pour faire pression sur les tortionnaires. Aujourd’hui, nous travaillons d’une manière plus juridique», témoigne Eric Sottas.

Concrètement, l’OMCT tente de localiser en permanence une trentaine de présumés tortionnaires à travers le monde. «Nous essayons également d’inciter et d’aider les victimes à déposer plainte et à se porter partie civile», précise Eric Sottas.

Frédéric Burnand

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