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Kosovo: le CICR recherche toujours quelque 3000 disparus

Le CICR a remis cette semaine aux autorités de Belgrade et de Pristina une liste de 2987 personnes toujours portées disparues depuis la guerre au Kosovo. Par égard aux inquiétudes de leurs familles, il demande toute information utile sur leur sort.

Le CICR a remis cette semaine aux autorités de Belgrade et de Pristina une liste de 2987 personnes toujours portées disparues depuis la guerre au Kosovo. Par égard aux inquiétudes de leurs familles, il demande toute information utile sur leur sort.

Dès la fin du conflit au Kosovo, et sur la base de demandes déposées par des proches de disparus, le Comité International de la Croix-Rouge avait constitué une liste de plus de 4 400 noms. Au fil des mois, ses délégués ont retrouvé la trace d’un tiers d’entre eux environ. Une centaine sont morts, les autres prisonniers. Dans la majeure partie des cas, c’est-à-dire dans les prisons serbes, le CICR a pu normalement leur rendre visite conformément à son mandat, rassurer ensuite leurs familles et favoriser l’échange de messages.

Restent donc quelque 3 000 personnes dont on est toujours sans nouvelles et c’est leur liste nominative que le CICR a déposée en début de semaine auprès des autorités de Belgrade et de Pristina en leur demandant toute information qui lui permettrait de localiser les survivants comme les morts. La plupart sont d’origine kosovare, mais plusieurs dizaines de Serbes ou membres de minorités ethniques manquent aussi à l’appel. Cette dramatique comptabilité, il faut également la remettre dans le contexte plus global du conflit balkan. Là, les chiffres prennent une dimension encore plus tragique avec les 17 500 disparus de la guerre de Bosnie-Herzégovine et les 3 000 de Croatie.

En d’autres termes, il n’y aura jamais de vraie paix tant qu’on n’aura pas fait toute la lumière sur ces disparitions. Tant d’incertitudes rendent la vie impossible aux familles et entravent lourdement le dialogue entre les communautés. Pour le CICR, savoir ce que sont devenus ces gens est donc d’un enjeu primordial en termes de stabilité régionale. Cette question doit figurer en tête de liste des préoccupations non seulement des acteurs humanitaires, mais aussi des autorités politiques. Le problème particulier au Kosovo, c’est que contrairement à ce qui s’était passé à Dayton après la guerre en ex-Yougoslavie, le sort des prisonniers et des personnes disparues n’a pas été réglé par les accords signés à Kumanovo entre l’OTAN et Belgrade ni dans la résolution adoptée par l’ONU en juin 1999.

Bernard Weissbrodt




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