L’autorité anti-blanchiment se muscle avant l’introduction de l’euro
L'autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d'argent va passer à onze personnes et demie (contre quatorze postes annoncés). C'est fort peu pour traquer l'argent noir qui va ressortir avec l'introduction de l'euro le 1er janvier 2002.
Une étude française estime qu’actuellement 150 milliards de francs français (35 milliards de francs suisses) ne circulent pas dans l’économie de l’Hexagone. Ces montants considérables en liquide, provenant d’activités non déclarées, vont tenter de ressortir au grand jour avant la mise en place des pièces et des billets en euros, dès le 1er janvier prochain.
Des sommes aussi considérables sortiront d’Allemagne, d’Italie ou de Grande-Bretagne. Les chances sont grandes pour que ces milliards d’argent gris ou noir entrent en Suisse, pays non-membre de l’Union européenne. En clair, l’autorité anti-blanchiment va être confrontée à une hausse spectaculaire de la criminalité.
Sans compter une masse tout aussi considérable de billets falsifiés. Les faux-monnayeurs tenteraient déjà de mettre en circulation les contrefaçons. «L’échange de devises pourrait se faire surtout en dehors de la zone euro, en Suisse notamment», prévenait déjà l’année dernière Daniel Thelesklav, du bureau de communication en matière de blanchiment d’argent à l’Office fédéral de la police (OFP).
L’autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, dirigée par Peter Sigenthaler, qui avait vu ses effectifs dégringoler à quatre personnes à la suite d’une série de défections, comptera dorénavant onze postes et demi. Ce ne sera pas de trop pour traiter plus d’un demi-millier de dossiers en suspens.
De plus, cette division de l’administration fédérale des finances, pourra s’appuyer sur un conseil consultatif, même si celui-ci n’a pas de pouvoir de décision. Cet organe sera notamment composé du professeur Paolo Bernasconi, ancien procureur au Tessin, de Mark Pieth, professeur de droit pénal à l’université de Bâle, et de Paul Perraudin, juge d’instruction à Genève, en charge de l’affaire Elf et du dossier Salinas.
Ian Hamel
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