La folle chevauchée de Dufaux et Jalabert
Au Plateau-de-Beille, Lance Armstrong a remporté la 12e étape du Tour de France. Mais le Vaudois et le Genevois d'adoption ont assuré le spectacle.
Avec le maillot jaune sur les épaules, Lance Armstrong, a remporté, au cœur de l’Ariège, la 12e étape du Tour de France, Lannemezan – Plateau-de-Beille. Tout comme la veille, l’Américain a littéralement écrasé ses adversaires dans le final conduisant au plus vaste domaine de ski de fond des Pyrénées.
Personne semble aujourd’hui être en mesure de contester une quatrième victoire sur la Grande Boucle du Texan le dimanche 28 juillet à Paris.
La folle chevauchée des deux «Laurent»
Le Suisse Laurent Dufaux et le Français Laurent Jalabert, Genevois d’adoption, ont pourtant tout essayé. Ils ont en effet marqué cette étape de leurs empreintes en restant plus de 120 kilomètres en tête de la course. Avant de couper la ligne d’arrivée très attardés: le Vaudois à près de sept minutes (6’48»), le Français a plus de onze minutes (11’33»).
Tout comme jeudi entre Pau et La Mongie, Laurent Jalabert a lancé une attaque de loin. Avant d’être rejoint par un groupe de contre-attaquants comprenant Laurent Dufaux et Beat Zberg, notamment.
Si l’Uranais est rentré dans le rang, le citoyen d’Ollon est parti en compagnie de Jalabert à la conquête d’une hypothétique victoire d’étape, avec le jeune Espagnol Isidro Noza comme porte-bagage.
«Avec «Jaja» nous sommes restés réalistes, lâchait Laurent Dufaux une fois la ligne l’arrivée franchie. On savait nos chances d’aller au bout très minces. C’était presque «mission impossible». Je ne suis toutefois pas très content. L’Espagnol n’a pas pris un seul relais».
Manolo Saiz, directeur sportif de la «ONCE», volait au secours de son coureur: «Isidro est jeunes. Il a 24 ans. C’est son premier Tour de France. Je lui ai demandé de ne pas prendre les relais afin de garder des réserves pour le final…».
Au courage
Ce final, les trois coureurs l’ont abordé avec un acquis de plus de trois minutes (3’30») sur le reste du peloton. Jalabert et Dufaux allaient tenter l’impossible: inscrire leurs noms sur les tablettes au Plateau-de-Beille, à la suite de Pantani, le premier vainqueur en 1998.
«On a réalisé un véritable rallye, explique encore Laurent Dufaux. On a pédalé au courage. Je tire un grand coup de chapeau à Jalabert qui s’est lancé dans une aussi longue échappée après son exploit de jeudi où il est resté seul en tête durant de longs kilomètres.»
Rendez-vous dans les Alpes
Avant de conclure: «Lorsque «Jaja» a attaqué, peu avant le retour d’Armstrong, il a brûlé ses dernières cartouches. Mais il a atteint son principal objectif de la journée: revêtir le maillot de meilleur grimpeur».
Désormais 30e du classement général à près de dix-huit minutes de Lance Armstrong, Laurent Dufaux a encore des fourmis dans les jambes. «Je vais remettre ça dans les Alpes», assure-t-il. Avec Jalabert? Le Mazamétain tient le même discours.
swissinfo/Pierre-Henri Bonvin, Plateau-de-Beille
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