Lutte anti-corruption: la Suisse récolte des lauriers
Le président de l'organisation Transparency International, Peter Eigen, estime que la Suisse a fait de bons débuts dans sa lutte contre la corruption. Il loue notamment la politique helvétique en ce qui concerne le blanchiment d'argent sale.
En cas de soupçon de blanchiment, la Suisse agit rapidement, a estimé lundi Peter Eigen, président de l’organisation internationale de lutte contre la corruption basée à Berlin. Preuve en est le traitement de l’affaire des fonds détournés par le défunt dictateur nigérian Sani Abacha.
Berne a ratifié la Convention contre la corruption de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) l’année dernière. C’est tard, certes, commente Peter Eigen, mais il y a quelques années à peine, la corruption était encore un sujet tabou. Etpuis, dans la foulée, la Suisse a édicté une loi d’application et son entrée en vigueur s’est bien déroulée.
Selon cet observateur, l’entrée en vigueur de la convention a connu des difficultés dans de nombreux autres pays. En Suisse, le secret bancaire n’entrave pas la lutte contre la corruption, car il lui est subordonné, a souligné le directeur de l’organisation non-gouvernementale.
En février, la Suisse a également signé la Convention pénale contre la corruption du Conseil de l’Europe. Ce document couvre non seulement la corruption active d’agents publics étrangers, mais également la corruption passive et active d’agents publics nationaux et étrangers ou de fonctionnaires internationaux.
Depuis sa création en 1993, Transparency compte quelques succès à son actif comme la convention de l’OCDE, ratifiée par trente pays. Les Principes de Wolfsberg, véritable code de conduite anti-blanchiment adopté par onze grandes banques mondiales dont l’UBS et le Crédit Suisse, fait également partie de ses réussites.
Au bilan, des pays africains comme le Nigeria ou le Cameroun figurent en queue du classement des pays les plus corrompus établis par l’organisation internationale. La Suisse figure pour sa part en onzième position sur quatre-vingt-dix pays recensés, tandis les pays scandinaves occupent les premières places.
swissinfo avec les agences
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