Michel Riesen et le hockey business
Cette saison - et c'est une première - quatre joueurs suisses auront eu l'occasion de se frotter aux meilleurs hockeyeurs de la planète, en évoluant dans l'une des équipes de la prestigieuse National Hockey League nord-américaine. Outre-Atlantique, le hockey - sport roi à l'instar du football américain, du basket-ball et du base-ball - est un business en soi. Un monde avec ses propres règles, parfois très cruelles.
«Ici tu ne peux pas faire de plans à long terme. Tu ne sais jamais de quoi demain sera fait», prévient Michel Riesen. La plupart des joueurs sont en effet susceptibles – à l’exception des meilleurs et des toutes grandes stars – de se retrouver parachutés dans le «farm team» d’une organisation de NHL. S’ils ne répondent pas aux critères de performance où s’ils relèvent de blessure.
Dans le sens inverse, les joueurs des ligues mineures peuvent être appelés à faire leur valise du jour au lendemain et à rejoindre la NHL. Avec, au bout du compte, des conséquences financières non-négligeables.
En retournant à Hamilton, Michel Riesen a non seulement quitté la meilleure ligue du monde, il a également vu son salaire annuel passer de 485 000 dollars US à 37 500. Montant qui ne tient pas compte des 900 000 dollars américains reçus à la signature de son contrat de trois ans.
En comparaison, les meilleurs joueurs de la League, tels Paul Kariya des Anaheim Mighty Ducks, Peter Forsberg à Denver ou Jaromir Jagr à Pittsburgh perçoivent chacun près de 10 millions de dollars US par saison. Des sommes astronomiques.
Il faut dire qu’au pays de l’Oncle Sam, sport et argent font bon ménage. Beaucoup de contrats d’affaires se signent par exemple durant les rencontres. Dans des loges réservées à l’année par des entreprises pour leurs relations d’affaires. Et les droits télévisuels, la publicité, tout comme l’énorme merchandising organisé en parallèle, rapportent gros.
Dans ce monde, le joueur – même s’il gagne bien sa vie – suit les décisions de ses dirigeants. Qu’il soit renvoyé en ligue mineure, appelé en NHL ou tout simplement échangé contre d’autres joueurs, il se doit de respecter les décisions venues d’en haut. A ce jeu, Michel Riesen pourrait d’ailleurs bientôt être prié de faire ses valises par Edmonton. Direction une autre équipe de NHL.
«La pression sur les joueurs est très forte. Lors des camps d’entraînement d’avant-saison il n’est pas rare que des bagarres éclatent. Chacun se bat pour recevoir un contrat. Et puis dans chaque équipe, il y ceux qui ont leur appartement et ceux qui vivent à l’hôtel. Ces derniers sont sur un siège éjectable», rappelle Michel Riesen. Cela aussi fait partie du jeu.
Mathias Froidevaux, Hamilton
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