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Plaidoyers pour une politique nationale contre le cancer

En Suisse, la lutte contre le cancer n'est pas coordonnée au niveau fédéral. Keystone

Les milieux suisses de la lutte contre le cancer réclament une politique coordonnée. Deux députés défendront l'idée au parlement.

En Suisse, la santé publique est d’abord de la compétence des cantons. La Confédération, et en particulier l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), a cependant un mandat spécial concernant les maladies infectieuses. Ce qui explique, entre autres, l’existence d’une coordination de la lutte contre le sida.

Inutile en revanche de chercher, sur le site Internet de l’OFSP par exemple, une rubrique «cancer».

Cette situation a quelque chose d’assez paradoxal lorsqu’on sait que le cancer est le problème de santé publique numéro un en Suisse. Et la première cause de mortalité.

L’idée d’une coordination nationale contre le cancer n’est toutefois pas nouvelle. L’an dernier, les autorités fédérales et cantonales ont même chargé Oncosuisse – sorte de plate-forme interdisciplinaire – de préparer d’ici fin 2003 des propositions pour un véritable programme national.

Retard à combler

A mi-parcours de son travail, cette institution vient de recevoir l’appui de deux parlementaires fédéraux, Rudolf Joder et Remo Gysin, qui entendent bien convaincre leurs collègues de la nécessité pour la Suisse de suivre, en la matière, les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

La Suisse doit impérativement combler son retard dans la recherche sur le cancer: proportionnellement, elle y consacre cinq fois moins d’argent que les États-Unis, explique le Bernois Rudolf Joder, de l’Union démocratique du centre.

Rudolf Joder demande donc au gouvernement de mettre en place une vraie politique nationale contre le cancer. Le socialiste bâlois Remo Gysin va encore plus loin. Il réclame une «loi sur la lutte contre les maladies cancéreuses», à l’instar de celle qui existe contre la tuberculose.

Il faut, selon lui, créer un cadre juridique pour assurer l’accès de toutes les régions aux mêmes soins et à la même prévention.

Pour la Ligue suisse contre le cancer, qui salue évidemment cette double démarche parlementaire, cet engagement «au-delà des clivages partisans» est une source d’espoir car le cancer est souvent guérissable.

Pronostics optimistes

Franco Cavalli, autre député socialiste au Parlement fédéral, est lui-même médecin et spécialiste du cancer. Il a du mal à admettre que la Suisse, qui dispose pourtant des techniques médicales les plus avancées, affiche de telles faiblesses dans son système de santé publique.

Les études cliniques sont trop rares, dit-il, et l’enregistrement des données sur les tumeurs est insuffisant.

Il préconise donc le modèle de centres spécialisés dans le cancer. Traitements, recherche, étude des causes et prévention y seraient menés de front.

Selon le professeur Giorgio Noseda, président d’Oncosuisse, une prévention coordonnée à l’échelle nationale pourrait faire baisser de 30 à 40% les données actuelles du cancer en Suisse: 17’000 morts et 30’000 nouveaux cas par année.

La probabilité pour un Suisse de contracter une maladie cancéreuse durant sa vie est actuellement de une sur trois. Mais, ajoute Giorgio Noseda, si l’on veut que Oncosuisse présente son projet en temps voulu, il faudra des moyens supplémentaires.

On peut d’ailleurs imaginer que les problèmes de budget seront au cœur du débat politique lorsqu’il s’agira de lancer un programme d’envergure nationale.

Recherche fondamentale et travail clinique

Du côté de l’Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer, à Lausanne, membre de Oncosuisse, on insiste sur le fait qu’un programme national devrait prendre en compte tous les domaines de la lutte contre le cancer, y compris la recherche fondamentale.

L’un de ses collaborateurs, Markus Nabholz, met en tout cas l’accent sur la nécessité d’une plus grande interactivité entre les chercheurs et les praticiens, entre les travaux fondamentaux et les applications cliniques.

La solution est à chercher dans des programmes de formation (qui existent déjà) spécialement conçus pour des médecins qui retournent ensuite dans leurs cliniques avec de meilleures connaissances sur le cancer et qui, ensuite, peuvent poursuivre leurs propres recherches.

swissinfo avec les agences

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