Police: Ruth Metzler face à la fronde des «fédéraux» suisses
La restructuration prévue au sein de l'Office fédéral de la police (OFP) provoque des remous. 87 fonctionnaires ont signé une pétition musclée. La ministre de la Justice Ruth Metzler a rencontré mardi une délégation des associations du personnel.
La restructuration prévue au sein de l’Office fédéral de la police (OFP) provoque des remous. 87 fonctionnaires ont signé une pétition musclée. La ministre de la Justice Ruth Metzler a rencontré mardi une délégation des associations du personnel.
Aucune information n’a filtré sur cette rencontre qui promettait d’être animée. La conseillère fédérale Ruth Metzler a reçu mardi une délégation des associations du personnel, juste «pour se faire une idée de la situation», souligne Viktor Schlumpf, le porte-parole du Département fédéral de justice et police (DFJP). Un point, c’est tout. Sauf que cette réunion intervient dans un contexte particulièrement tendu, révélé mardi par les quotidiens «24 Heures» et la «Tribune de Genève».
En effet, rien ne va plus entre la ministre de la Justice et 87 membres de la Police fédérale (sur 105!), signataires d’une pétition, distribuée la semaine dernière à l’ensemble des conseillers fédéraux lors de leur séance hebdomadaire.
En plus du désaveu que constitue cette démarche, – les fonctionnaires sont passés par-dessus la tête de Ruth Metzler – cette pétition s’en prend à un projet de réforme, conduit depuis six mois par Anton Widmer, le directeur de l’Office de la police (OFP).
Cette perspective de réforme intervient après que la Police fédérale et le Service de sécurité de l’administration fédérale eurent quitté le Ministère public de la Confédération (MPC) en septembre dernier. Leur fusion a entraîné un réexamen des attributions des services concernés.
Les pétitionnaires – par définition bien informés ! – s’inquiètent pour la sécurité intérieure et le risque induit par un éventuel démantèlement du service. Ils contestent également le bien-fondé d’une séparation des tâches prévue par le «StruPol», un groupe de travail chargé d’identifier des synergies entre la Police fédérale et l’OFP.
La Police fédérale ne s’occuperait plus que de prévention, alors que les enquêtes, donc la répression, iraient aux offices centraux et aux polices cantonales. Les policiers fédéraux demandent de ne rien précipiter avant la réforme USIS, lancée en novembre dernier. Objectif: revoir tout le système de sécurité de la Suisse.
Selon Viktor Schlumpf, la réalité est plus nuancée. Le rapport du «StruPol», qui a été remis à Mme Metzler, propose plusieurs variantes. Elles vont du statu quo à un total remaniement, impliquant une nouvelle répartition et d’éventuels transferts internes. Jouant l’apaisement, le porte-parole estime normal que des changements provoquent des discussions.
Ruth Metzler, directrice du DFJP, devrait prendre une décision ce printemps. Avec à la clef un climat plus ou moins tendu.
Jugurtha Aït-Ahmed
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