Retour forcé des réfugiés du Kosovo: la Suisse obtient le feu vert de l’ONU
La conseillère fédérale Ruth Metzler et l’administration civile des Nations unies au Kosovo ont signé jeudi un mémorandum pour le rapatriement forcé des réfugiés. Objectif: planifier la fréquence et les modalités des retours.
La conseillère fédérale Ruth Metzler (au centre) et l’administration civile des Nations unies au Kosovo ont signé jeudi un mémorandum pour le rapatriement forcé des réfugiés. Objectif: planifier la fréquence et les modalités des retours.
Le document exprime la volonté des deux parties de collaborer étroitement au rapatriement et à la réintégration des réfugiés, alors que la Suisse s’apprête à entrer dans la phase finale de son programme d’aide au retour. Selon la stratégie élaborée par le Conseil fédéral, les candidats au rapatriement volontaire et au bénéfice d’une admission collective devront avoir quitté le territoire helvétique au 31 mai. Après cette date, la Confédération entend procéder à des renvois forcés.
A ce jour, le nombre de personnes concernées par les retours sous la contrainte n’est pas connu. Actuellement, selon les évaluations de l’Office fédéral des réfugiés, quelque 25 000 Kosovars tenus de quitter la Suisse y résident encore. Mais de nombreuses personnes s’inscrivent encore dans le cadre du programme d’aide au retour qui leur permet, notamment, de profiter du soutien financier de la Confédération. Ce chiffre devrait donc diminuer d’ici à la date butoir du 31 mai.
Reste que retour sous la contrainte il y aura. La conclusion d’un mémorandum avec la MINUK vise notamment à planifier la fréquence et la quantité des rapatriements pour éviter qu’ils ne provoquent un déséquilibre dans la province. La Suisse a donc assuré l’administration civile de l’ONU au Kosovo qu’il n’y aurait pas de renvois massifs.
En contrepartie, elle a obtenu des autorisations d’atterrissage sur l’aéroport de Pristina, chef lieu du Kosovo. Autorisations des plus importantes puisque la Confédération veut commencer à renvoyer, avant le 31 mai déjà, quelque 10 000 personnes, notamment celles qui ne sont pas au bénéfice d’une admission collective. Elle vient ainsi d’obtenir un feu vert pour ses premiers rapatriements sous la contrainte.
En revanche, pas question de procéder à des transferts de masse. Urs Hadorn, délégué spécial du Conseil fédéral pour le Kosovo, précise: «Il sera sans doute possible avant le 31 mai d’organiser deux ou trois vols à destination de Pristina. Durant l’été, les rapatriements non volontaires seront plus difficiles à planifier en raison du taux d’occupation des avions». Il faudra donc attendre l’automne pour mettre en œuvre des retours à grande échelle.
Autre possibilité: l’utilisation de l’aéroport de Skopje, en Macédoine. Un accord en ce sens a déjà été signé en automne 1999. Il permet aux réfugiés kosovars de transiter sur le territoire macédonien pour être rapatriés dans leur province d’origine. Un accord du même type existe aussi avec l’Albanie qui, moins accessible en raison du manque d’infrastructures, présente cependant un intérêt mineur.
Vanda Janka
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