Tchétchénie: le président russe donne son feu vert au CICR
Jakob Kellenberger a obtenu, en grande partie, ce qu’il attendait de sa rencontre avec Vladimir Poutine. Le Comité international de la Croix-Rouge pourra visiter les prisonniers en Tchétchénie. Et apporter une aide humanitaire en territoire tchétchène.
Jakob Kellenberger (à gauche) a obtenu, en grande partie, ce qu’il attendait de sa rencontre avec Vladimir Poutine (à droite). Le Comité international de la Croix-Rouge pourra visiter les prisonniers en Tchétchénie. Et apporter une aide humanitaire en territoire tchétchène.
«L’essentiel est qu’on ait eu le feu vert du premier homme de l’Etat». Jakob Kellenberger veut se montrer satisfait. Jusqu’à maintenant, l’aide du Comité international de la Croix-Rouge se limitait aux refugiés présents hors de la république caucasienne. Moscou mettait en avant les risques liés à la sécurité pour dissuader les ONG de mettre en place des opérations en territoire tchétchène.
D’autre part, l’accès aux prisons répond à l’inquiétude grandissante de la communauté internationale. Une inquiétude suscitée par les témoignages accablants d’anciens détenus relatant les exactions commises par les forces russes dans ce que l’on appelle, en Tchétchénie, des camps de filtration.
Le Comité international de la Croix-Rouge estime que le feu vert du président Poutine est encourageant. Mais rien ne nous dit qu’il sera pleinement suivi d’effets sur le terrain. On imagine aisément que les autorités fédérales pourront toujours limiter l’action du CICR quand elles le souhaiteront en invoquant, encore une fois, des raisons de sécurité.
De plus, les visites organisées au centre de détention de Tchernokozovo à l’intention des délégations occidentales ont montré à quel point Moscou pouvait, en quelques jours, masquer sous une couche de peinture la triste réalité.
En fait, l’assouplissement de la position de Vladimir Poutine semble arriver à point nommé: la Russie avait, en effet, bien besoin d’une telle caution morale, à quelques jours du nouvel examen de passage qu’elle doit subir devant le Conseil de l’Europe.
Mathieu Jego, Moscou
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