Trafic d’armes vers l’Angola: une curieuse société ferme à Lausanne
Pierre Falcone, actuellement incarcéré en France pour un trafic d'armes à destination de l'Angola, possédait une société en Suisse, Montaigne Financial Services. Celle-ci a récemment mis la clé sous la porte.
L’homme d’affaires Pierre Falcone, soupçonné d’avoir vendu en 1993 et 1994 pour un demi-milliard de dollars de matériel militaire à l’Angola, pays en guerre, projetait en 1998 de s’installer en Suisse. Pour faciliter l’obtention d’un permis B, il créait le 27 octobre 1997 la société Montaigne Financial Services à Genève.
Montaigne, comme la rue Montaigne à Paris, où Pierre Falcone était domicilié. Malheureusement pour lui, le canton de Genève rejette sa demande de permis en mars 1998. La justice suisse, qui a ouvert sa propre enquête pour blanchiment, vient de découvrir que Montaigne Financial Services n’a pas été liquidée pour autant en 1998.
Cette société, dotée d’un capital de 200 000 francs, spécialisée dans les «prestations de services administratifs, comptables et financiers», a transféré ses activités à Founex, dans le canton de Vaud, le 2 octobre 1998. Puis, le 4 août 1999, nouveau déménagement à Lausanne. Pierre Falcone avait-il l’intention de renouveler sa demande de résident, cette fois dans le canton de Vaud?
Montaigne Financial services, présidée par l’avocat genevois Kamen Troller, a préféré se mettre discrètement en liquidation le 17 novembre 2000, juste au moment où Pierre Falcone entrait en pleine bourrasque judiciaire. Cette société suisse n’a pourtant, théoriquement, aucune relation avec l’entreprise Brenco International, propriété de Pierre Falcone, et chargée de vendre des armes à l’Angola.
Ian Hamel
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