Un souffle d’idéalisme sur le championnat
C'est parti pour le championnat de LNA. Zoom sur Delémont, équipe emblématique d'un football idéaliste et modeste qui renaît.
Si Delémont ne joue que dimanche contre Servette pour la reprise du championnat de Ligue nationale A (LNA), Saint-Gall a accueilli le FC Zurich mercredi soir déjà.
Puis, samedi, ce sera au tour d’Aarau de rencontrer Bâle, Grasshoppers affrontera Wil, Neuchâtel-Xamax Thoune et Young-Boys Lucerne.
Deuxième fois dans l’élite
C’est la deuxième fois que Delémont évoluera en LNA. Le club jurassien était monté à l’issue du championnat 1998-1999 pour une unique saison.
Cette fois-ci, Delémont doit sa montée dans l’élite aux trois clubs – Lugano, Lausanne et Sion – qui n’ont pas obtenu leur licence en LNA. Pour gestion au-dessus de leurs réels moyens financiers.
Cela dit, Delémont n’a pas démérité sportivement, puisqu’il a terminé 4e du Tour préliminaire et 6e du Tour de promotion-relégation.
«Nous aimerions être la Corée du championnat de Suisse», s’enthousiasme le président de Delémont, Pierre Willemin. Plus concrètement, terminer parmi les huit premiers pour le Tour final».
Dimanche, la rencontre contre Servette s’annonce déjà comme un match de gala. Des animations-surprise sont prévues. Et à cet effet, les billets d’entrée seront majorés de 15 à 20 francs.
Fidélité du public
Les clubs qui font le plus peur au président de Delémont sont Young-Boys, Bâle et Lucerne. A cause de leurs hordes de supporters violents.
En revanche, Delémont ne craint personne sur le plan sportif, même si Pierre Willemin place Bâle et Grasshoppers comme grands favoris. Avec Young-Boys, le FC Zurich et Servette comme outsiders.
Avec en moyenne 2000 spectateurs par match, Delémont avait la meilleure affluence de LNB la saison passée. «Là, on devrait atteindre trois à quatre mille spectateurs de moyenne».
«Nos supporters ont besoin de rêver. Ils espèrent voir leur équipe battre le grand Bâle», auteur du doublé «Coupe-Championnat»!
Saine gestion
La gestion du club de Delémont est plutôt saine et modeste. Son budget tournait jusqu’alors sur 1,5 million des francs. Il s’élèvera à 1,9 million pour cette saison en LNA. Histoire d’étoffer le contingent des joueurs et d’aménager la sécurité du stade.
«La saison passée, poursuit Pierre Willemin, on nous avait prédit que nous descendrions en 1re ligue, lorsque nous nous sommes renforcés avec des joueurs des ligues inférieures. Notre club éprouvait alors des difficultés financières. Or aujourd’hui, nous nous retrouvons en LNA.»
Promotion méritée
«Notre ascension est d’autant plus méritée que nos joueurs figurent parmi les moins bien payés de la Ligue nationale, relève le président de Delémont. Pour jouer au football, ils font de gros sacrifices».
Et «même si nous représentons le Quart Monde helvétique par rapport aux régions riches de Zurich et de Bâle, nombreux sont ceux de la région jurassienne qui nous soutiennent et nous sont fidèles.»
«Si nous n’étions pas tous des idéalistes à Delémont, il y a longtemps que nous évoluerions en 4e ligue». Par là, le président et tout le club veulent donner une autre image du football. Celle qui prône le plaisir du jeu et qui n’est pas entachée par la prépondérance des intérêts financiers.
A l’image de leur entraîneur Michel Renquin. Nommé footballeur du 20e siècle en Belgique. Le joueur disputa deux coupes du monde en 1982 et 1986. Puis il entraîna des clubs comme Servette. «Aujourd’hui, révèle le président delémontain, il gagne tout juste le salaire d’un instituteur».
swissinfo/Emmanuel Manzi
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