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Des milliers de manifestants à Madrid et dans d’autres villes

(Keystone-ATS) Plusieurs milliers de manifestants, criant leur colère contre la classe politique, le chômage et les retombées de la crise, se sont de nouveau rassemblés mercredi soir à la Puerta del Sol, en plein centre de Madrid. Et cela malgré une tentative d’interdire cette manifestation.

Aux cris de «Nous avons le droit de nous indigner», les manifestants, répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, ont envahi depuis le début le début de la semaine les rues des grandes villes d’Espagne dans l’espoir de faire entendre leur voix avant les élections locales de dimanche.

«Vous prenez l’argent, nous prenons la rue», «Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir», proclamaient des banderoles dépliées à la Puerta del Sol, lieu de rassemblement emblématique au coeur de Madrid.

La commission électorale avait tenté d’interdire ce rassemblement en estimant qu’il risquait «de perturber la campagne électorale». Mais tard dans la soirée, plusieurs milliers de manifestants étaient toujours regroupés à la Puerta del Sol. La présence policière, très visible quelques heures plus tôt, était devenue beaucoup plus discrète.

«Nous avons l’intention de rester ici jusqu’aux élections» de dimanche, a expliqué Juan Rubio, un porte-parole de ce mouvement hétéroclite, rassemblant beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens de toutes origines, chômeurs, fonctionnaires ou retraités, qui réclamant «une vraie démocratie, maintenant».

«C’est un mouvement en construction, nous sommes encore en train de rassembler nos idées, d’organiser des assemblées pour un changement social», a-t-il ajouté.

Revendications disparates

«J’espère que cela servira à quelque chose. Ce qui me réjouit le plus c’est de voir des gens de la jeune génération, qui effacent l’idée selon laquelle la jeunesse espagnole ne sait que faire la fête», assurait Salvador Guerrero, stagiaire non rémunéré de 28 ans, qui vit avec sa grand-mère, sur une pension de 600 euros par mois pour tous les deux.

Les manifestants défendent des revendications très disparates, parfois confuses, dénoncent le système politique dominé par deux grands partis, socialiste et conservateur, la «corruption» ou réclament plus de justice sociale.

Mais dans un pays peu habitué des manifestations de masse, tous expriment leur lassitude face aux retombées de la crise et au chômage, qui a continué à grimper au premier trimestre avec un taux record de 21,19%. En février, 44,6% des moins de 25 ans étaient sans emploi.

Le mouvement, spontané, a surpris les politiques en pleine campagne pour les élections, qui devraient selon tous les sondages se solder par une déroute des socialistes, au pouvoir, lourdement sanctionnés pour leur politique d’austérité anti-crise, face à la droite conservatrice du Parti Populaire.

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