La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Des milliers de rassemblements anti-Trump à travers les Etats-Unis

Keystone-SDA

"No Kings, No ICE, No War": des milliers de cortèges ont défilé samedi à travers les Etats-Unis contre Donald Trump, sa politique anti-immigration et sa guerre contre l'Iran.

(Keystone-ATS) A Minneapolis, Philadelphie ou Boston, des participants ont défilé avec des pancartes arborant messages anti-guerre et symboles de paix, après un mois de conflit au Moyen-Orient et à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.

Le mouvement No Kings («Pas de rois») a revendiqué une affluence record pour cette troisième journée de mobilisation contre le républicain en l’espace d’un an, avec selon lui au moins huit millions de protestataires dans plus de 3300 cortèges.

Cela correspond à une augmentation estimée à un million de participants et 600 cortèges supplémentaires par rapport à la journée précédente, en octobre dernier. Ce mouvement s’est affirmé comme le plus important fédérateur de contestation depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

Les autorités américaines ne fournissent quant à elles aucun chiffre officiel.

«Nous estimons que la Constitution est menacée de multiples façons. La situation n’est pas normale, pas acceptable. C’est pourquoi nous sommes ici, pour aider à garder les gens en sécurité et veiller à ce que leur voix soit entendue», a déclaré Marc McCaughey, un ancien combattant de 36 ans venu manifester à Atlanta, en Géorgie.

Mensonges

A Washington, à quelques rues de la Maison Blanche, Robert Pavosevich, 67 ans, dit que Donald Trump «ne fait que mentir». «Je pense que de plus en plus de gens sont en colère, et je pense que les choses vont doucement changer», affirme-t-il. Le président américain, lui, a joué au golf dans son club privé de Floride samedi après-midi.

A Minneapolis, Philadelphie ou Boston, des participants ont défilé avec des pancartes arborant messages anti-guerre et symboles de paix, après un mois de conflit en Iran. Dans le Michigan, à Lansing, un manifestant brandissait une pancarte «No Kings, No ICE (police de l’immigration, ndlr), No War».

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de New York, où l’acteur Robert De Niro, farouche critique de Donald Trump, a ouvert la marche. «D’autres présidents ont déjà testé les limites constitutionnelles de leur pouvoir, mais aucun n’a représenté une menace aussi existentielle pour nos libertés et notre sécurité (…) Il faut l’arrêter», a-t-il exhorté.

En Europe aussi

De l’autre côté de l’Atlantique, des rassemblements contre le président américain ont aussi eu lieu à Rome, Amsterdam, Madrid ou Athènes. Près de 20’000 personnes ont ainsi défilé dans la capitale italienne, célébrant également la défaite du gouvernement d’extrême droite lors d’un referendum lundi sur la justice.

«On ne veut pas d’un monde gouverné par des rois, des oligarchies, qui décident au-dessus de nous, combattent les peuples et se font la guerre entre eux», a assuré Andrea Nossa, un chercheur milanais 29 ans, vêtu d’un t-shirt célébrant la Révolution française.

Springsteen à Minneapolis

«Depuis notre dernière manifestation, ce gouvernement nous a plongés davantage dans la guerre», dénonce Naveed Shah, responsable de Common Defense, une organisation d’anciens combattants membre de la coalition No Kings.

«Chez nous, nous avons vu des citoyens tués dans la rue par des forces militarisées. Nous avons vu des familles déchirées et des communautés d’immigrés prises pour cible», ajoute ce vétéran, en référence aux événements qui ont récemment secoué Minneapolis.

Cette ville démocrate du Midwest, épicentre en début d’année de la brutale offensive anti-immigration du gouvernement américain, est présentée comme le point névralgique des manifestations avec sa ville jumelle, Saint-Paul, où 200’000 personnes ont manifesté, selon No Kings.

La légende du rock Bruce Springsteen est venue y interpréter sa chanson «Streets of Minneapolis», écrite en hommage aux deux Américains tombés sous les balles d’agents fédéraux lors d’opérations de la police de l’immigration, Renee Good et Alex Pretti.

A la tribune, le gouverneur du Minnesota Tim Walz a remercié la population de s’être opposée à un «dictateur en herbe» comme Donald Trump.

«Nous n’accepterons jamais un président qui est un menteur pathologique, un kleptocrate et un narcissique qui sape la Constitution des États-Unis et l’État de droit chaque jour», a renchéri Bernie Sanders, ancien candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle.

Un message acclamé par une foule persuadée que l’alternance politique est proche.

Sur les marches du Capitole de l’Etat, une grande bannière résumait l’état d’esprit général: «La Révolution débute au Minnesota».

Les organisateurs précisent que deux tiers des personnes ayant exprimé leur intention de se joindre aux manifestations résident en dehors des grandes villes, ce qui représente une augmentation marquée par rapport à la précédente journée de mobilisation.

Note:

Les plus appréciés

Les plus discutés

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision