Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses résidant à l’étranger,
C’est Olivier à Fribourg.
Il suffit de se déplacer un peu pour constater que la Suisse se remet à l’ouvrage après des semaines de semi-confinement. Les routes s’encombrent à nouveau, les rues sont beaucoup plus fréquentées et les clients se pressent dans certains commerces.
Mais en matière de reprise, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et les conséquences économiques de la pandémie restent plus que jamais d’une brûlante actualité. Ce sera aussi le fil rouge de notre sélection de l’actualité du jour.
Bonne lecture,
S’il y a bien un secteur qui souffre des conséquences de la crise sanitaire, c’est bien celui du transport aérien. Aéroports déserts et appareils cloués au sol montrent toute l’ampleur de la catastrophe. Et il ne faut pas attendre une amélioration rapide. Face à ce naufrage économique, le Parlement suisse a accepté de mettre la main au porte-monnaie.
Les deux Chambres ont approuvé un crédit de près de 2 milliards de francs pour soutenir le secteur: 1,275 milliard pour garantir des prêts remboursables aux compagnies aériennes en Suisse et 600 millions pour les services aéroportuaires connexes.
Cette aide au secteur aérien était contestée. D’une part par ceux qui estiment que la Suisse n’a pas à venir en aide à des entreprises étrangères – rappelons notamment que les compagnies Swiss et Edelweiss appartiennent à l’allemande Lufthansa. D’autre part par ceux qui considèrent qu’il est insensé d’aider sans contreparties un secteur économique qui a un impact significatif sur le changement climatique.
Malgré les critiques, la majorité du Parlement a considéré qu’il était essentiel d’aider une infrastructure de transport qui est considérée comme vitale pour l’économie suisse. Pour mémoire, environ 40% des marchandises exportées, 20% des biens importés et plus de la moitié des touristes transitent par les airs.
- L’article de swissinfo.ch sur les débats au Parlement
- Le même thème dans les colonnesLien externe du magazine économique Bilan
- Une réflexionLien externe sur le prix des transports dans le journal économique l’Agefi
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La crise sanitaire et surtout ses conséquences économiques pèsent fortement sur le moral des Suisses. Selon le Secrétariat d’État à l’économie, le climat de consommation a atteint un plancher historique.
En matière de consommation, tous les indices observés pas le SECO s’effondrent de manière spectaculaire. C’est clair, les Suisses ont peur de l’avenir. Par exemple, beaucoup d’entre eux indiquent vouloir repousser des achats d’importance. Selon le SECO, il faut remonter à la crise immobilière du début des années 1990 pour retrouver une telle sinistrose.
Si le climat n’est pas à la consommation, c’est certainement parce que beaucoup de Suisses craignent désormais pour leur emploi. Selon un sondage réalisé par la société de conseil Deloitte, près d’un cinquième des employés estiment qu’il est probable qu’ils perdent leur emploi d’ici la fin de l’année.
Le pessimisme est pire encore du côté des indépendants. Toujours selon le même sondage, un quart d’entre eux craignent de devoir déposer le bilan d’ici la fin de l’année.
- La dépêche d’agenceLien externe consacrée aux constatations du SECO sur le site de Lausanne FM
- Le sondageLien externe Deloitte sur le site du journal 20 Minutes
- L’analyseLien externe du climat de consommation sur le site du Secrétariat d’État à l’économie
Ceux qui peuvent rester optimistes, en revanche, ce sont les actionnaires. Le Parlement a finalement refusé une motion demandant que les entreprises bénéficiant du chômage partiel ne puissent plus verser des dividendes.
Les députés de la Chambre basse avaient dans un premier temps accepté cette motion. Une décision qui avait un petit goût de révolution dans un pays traditionnellement aussi libéral que la Suisse.
Mais mercredi, les sénateurs de la Chambre haute ont remis les pendules à l’heure. Les représentants des cantons ont nettement refusé la motion par 31 voix contre 10 et 1 abstention.
Principaux arguments pour le refus: le chômage partiel n’étant pas une subvention de l’État, mais une assurance payée par les employeurs et les employés, il n’y a pas de raison d’exiger une interdiction de dividendes. Et ce serait contre-productif, car certaines entreprises devraient alors choisir entre chômage partiel ou versement de dividendes, et donc décider de plutôt licencier des gens.
- DépêcheLien externe d’agence sur ces entreprises qui ne sont plus en mesure de verser un dividende sur le site de RTS Info
- SujetLien externe du Téléjournal de la RTS sur la décision du Conseil national
- L’essentiel à savoir sur cette motion dans une dépêcheLien externe d’agence publiée sur le site du Matin
- Un article de swissinfo.ch pour comprendre ce qu’est exactement le chômage partiel
Il n’y a qu’un seul coronavirus, mais bien des manières de l’affronter. Face à la pandémie, les gouvernements ne réagissent pas tous de la même façon. Alors que certains ont imposé un confinement extrêmement strict, d’autres ont opté pour des solutions beaucoup plus souples.
Il n’y a pas besoin d’aller très loin pour constater ces différences. Il suffit par exemple de comparer la situation entre la Suisse et la France. Alors que Berne a préconisé une sorte de semi-confinement volontaire où la liberté de déplacement n’est guère entravée, Paris a imposé un confinement strict avec des règles très strictes et des contrôles.
Installés un peu partout dans le monde, les Suisses de l’étranger constituent un public idéal pour comprendre ces différences. D’ailleurs, swissinfo.ch sollicite régulièrement leurs témoignages.
Aujourd’hui, notre spécialiste des réseaux sociaux vous présente la situation vécue par des expatriés dans trois pays: Nicolas en Inde, Nicole au Canada et Laure aux États-Unis.
- L’article de notre spécialiste des réseaux sociaux Émilie Ridard
- En parlant de situation, voici notre traditionnel papier actualisé sur la situation actuelle en Suisse
- La situation en SuisseLien externe sur le site de RTS Info
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