La proximité aide à la bonne réputation
Un franc suisse sur deux est gagné à l'étranger. Mais la confiance des Suisses va plutôt aux marques bien implantées sur le marché intérieur.
Une enquête du Reputation Institute (RI) révèle que les chaînes du commerce de détail ont bien meilleure réputation que les banques.
Menée à l’échelle internationale, cette enquête est publiée dans l’hebdomadaire économique «Cash» de cette semaine. Pour la première fois, elle concerne aussi la Suisse.
Vingt et unes entreprises helvétiques sont classées en fonction de leur bonne ou moins bonne réputation dans la population, sur une échelle de 0 à 100 (meilleur réputation possible).
En tête arrive le numéro un suisse de la distribution de détail, Migros (80,1 points). Migros est vainqueur tous secteurs confondus, mais aussi en comparaison internationale de sa branche (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Etats-Unis).
«C’est logique, explique Finn Jepsen, du Reputation Institute. Un gros bénéfice n’est pas encore un garant de bonne réputation. C’est la popularité surtout qui fait la bonne réputation (et donc la place prise dans la vie quotidienne des gens, ndlr).»
En deuxième place arrive les Raiffeisen (77), troisième groupe bancaire suisse centré sur le marché régional et organisé en coopérative, tout comme Migros. Ce qui n’est pas forcément un hasard, aux yeux du patron de Migros en tout cas.
Les acteurs proches de l’Etat
Second acteur du commerce de détail en Suisse mais sans doute moins typiquement suisse que le numéro un, Coop arrive bon troisième du classement (72).
Si le géant de l’alimentaire Nestlé (70,4) et le géant pharmaceutique Roche (65) se situent en dessus de la moyenne en terme de bonne réputation (qui se situe à 64 points), trois groupes dominés par l’Etat font aussi bien.
Les Chemins de fer fédéraux (CFF, 71), La Poste (66,1) et l’opérateur télécoms Swisscom (64,1) dépassent même – et assez nettement – leurs homologues des autres pays sondés.
En clair, la grosse panne qui avait immobilisé des milliers de passagers l’été dernier n’a pas entaché la réputation des CFF. Pas plus que pour La Poste, la fermeture récente d’un millier de succursales à travers le pays.
Finn Jepsen y voit le signe que les Suisses sont satisfaits des services offerts par ces acteurs liés au secteur public.
A l’inverse, la plupart des grands noms suisses actifs à l’échelle internationale voire mondiale trouvent moins largement grâce aux yeux des mêmes Suisses. La preuve avec le pharma Novartis (63,3), l’industriel ABB (60,5) ou le groupe de luxe Richemont (58).
Les banques derrière
La Suisse est souvent assimilée aux banques. Mais Credit Suisse Group (CSG) et UBS, les deux acteurs majeurs actifs mondialement, arrivent en bas de classement.
UBS est même dernier de classe. Pire: de tous les pays sondés, aucune institution financière ne fait un si mauvais score (51,5).
«Aucune banque n’est vraiment sympathique, tout tourne autour de l’argent», indiquait un des Suisses sondés. C’est sans doute une part de l’explication.
Et pour ce qui est d’UBS comme du CSG, elles feraient «trop d’argent», coûteraient «trop cher pour ses clients», et «malgré leurs bons résultats», supprimeraient trop d’emplois.
Cash trouve une autre explication pour justifier la moins bonne réputation d’UBS face à CSG: «Grounding».
Ce film suisse, gros succès public donnant sa version de la débâcle du transporteur aérien Swissair, aurait fait plus qu’égratigner l’image d’UBS.
swissinfo
La chaîne du supermarchés Migros arrive en tête de classement
Très présent localement, le groupe bancaire Raiffeisen arrive second
La troisième place est occupée par Coop, numéro deux de la grande distribution
Ce sondage a été conduits dans plusieurs pays. En Suisse, un millier de personnes ont participé
– En Suisse, dans le secteur bancaire, le groupe Raiffeisen fait exception avec une réputation favorable chiffrée à 77 points sur 100. Les autres acteurs de la branche sont sous la moyenne nationale. Avec UBS qui arrive bon dernier (51,5).
– La Poste suisse obtient 66,1 points, contre 63,1 pour son homologue française et 58 pour la Poste allemande.
– Selon les auteurs de l’étude, les firmes nationales ont souvent meilleure réputation dans la population. Surtout si leur fondateur s’est avéré être un personnage hors du commun. Migros comme Raiffeisen cumulent les deux caractéristiquse et sont en tête de classement.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.