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Sumida donne des garanties à Saia-Burgess

Saia-Burgess occupe environ 600 collaborateurs à Morat. Keystone

Le groupe japonais Sumida a réaffirmé son intérêt pour le fabricant fribourgeois de composants électroniques Saia-Burgess.

Mais, mercredi, le patron de Sumida a tenu à rassurer: si son offre publique d’achat (OPA) se termine favorablement, il entend maintenir Saia-Burgess indépendant.

«Mes propos dans la presse ont été mal interprétés», a déclaré Shigeyuki Yawata, patron et président du conseil d’administration de Sumida, au cours d’une conférence téléphonique mercredi.

Sumida ne projette pas de délocaliser la production que Saia-Burgess effectue à Morat, où quelque 600 collaborateurs sont occupés, sur les 3700 que recense la multinationale. Il y aura en revanche certainement des synergies en Asie, et plus particulièrement en Chine.

Le patron de Sumida a assuré que Saia-Burgess conserverait son autonomie. Il espère aussi pouvoir garder l’équipe de direction actuellement en place, que Shigeyuki Yawata dit «respecter», et au sein de laquelle il n’interfèrera pas. Le conseil d’administration de la société fribourgeoise sera en revanche évincé.

Pas de relèvement de l’offre

Dévoilé à fin juin et formellement présentée vendredi dernier, l’OPA de Sumida démarrera le 5 août et courra jusqu’au 1er septembre. Les Japonais proposent 950 francs par titre, sans avoir l’intention de relever ce montant, ce qui valorise Saia-Burgess à 583 millions de francs. Le but est d’obtenir au moins 50,1% du capital.

Mercredi matin, Sumida détenait déjà 29,4% du capital de sa cible, dont une partie via des options. L’acquisition sera financée en large partie (à 70%) grâce au cash-flow du groupe japonais et le reste en s’appuyant sur des obligations ou une augmentation du capital de la firme de Tokyo. «Le bilan de Saia-Burgess ne sera pas touché», a promis Shigeyuki Yawata.

L’entreprise helvétique devrait d’ailleurs rester cotée à la Bourse suisse, car Sumida ne s’attend pas à ce que la totalité des titres lui soient apportés. Le raider serait satisfait s’il parvenait à contrôler entre 50% et 60% du capital, mais son offre porte officiellement sur le 100% des actions.

Si Sumida a procédé de manière inamicale, c’est parce que «nous voulions agir rapidement et avec force» dans un contexte où tout évolue très vite, notamment l’industrie automobile dans les pays émergents, a expliqué l’homme fort de la firme nippone.

Réponse le 11 août

Sumida espère maintenant convaincre le management suisse des avantages de sa stratégie. Une prise de position du conseil d’administration, jusqu’ici totalement opposé à la manoeuvre, tout comme la direction, est attendue pour le 11 août.

Shigeyuki Yawata estime qu’en intégrant son groupe, Saia-Burgess s’ouvrirait immédiatement de larges débouchés en Asie. «Pas dans le secteur des composants destinés à l’industrie automobile», le domaine clé des Fribourgeois, «mais dans les fournitures à l’industrie des appareils électroniques grand public».

Le groupe japonais vise le milliard de dollars (1,3 milliard de francs) de chiffre d’affaires en 2007, contre 417 millions de francs en 2004. Il se présente comme l’un des principaux producteurs de bobines et d’éléments d’induction électronique au Japon.

Son objectif n’est pas de rivaliser avec les principaux acteurs mondiaux, a expliqué Sumida, mais d’assurer une forte présence dans les segments très rentables. Le groupe vise d’autres alliances en Europe, sans vouloir donner de détail sur l’identité des promis potentiels.

swissinfo et les agences

L’histoire de Saia-Burgess remonte à 1920. L’entreprise était alors établie à Berne.
L’année dernière, l’entreprise suisse a dégagé un bénéfice net de 26,3 millions de francs pour un chiffre d’affaires de 568,4 millions.
Saia-Burges employait 3630 personnes à la fin 2004, dont 600 à Morat.
L’entreprise est entrée à la Bourse suisse en 1998.

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