UBS cède ses banques privées à Julius Bär

Les actifs gérés par Julius Bär passeront de 117 à 270 milliards. Keystone

La première banque suisse a annoncé lundi la vente de son unité «Banques privées et GAM» à la banque zurichoise Julius Bär pour 5,6 milliards de francs.

Ce contenu a été publié le 05 septembre 2005 - 10:16

Avec une fortune de 270 milliards de francs, Julius Bär deviendra la première banque privée de Suisse spécialisée dans la gestion de fortune.

La transaction, qui devrait être finalisée d'ici la fin de l'année, englobe les trois banques privées Banco di Lugano, Ehinger & Armand von Ernst et Ferrier Lullin, ainsi que le gérant d'actifs spécialiés GAM, qui regroupent en tout 1700 employés.

Un accord a été signé sous réserve des approbations nécessaires, a indiqué lundi la première banque suisse.

Le montant inclut 3,8 milliards de francs ainsi qu'une participation non stratégique d'UBS de 21,5% dans la nouvelle Julius Bär pour une valeur implicite de 1,8 milliard de francs.

Les banques privées adopteront la marque Julius Bär alors que GAM opérera comme marque indépendante.

Nouveau directeur général

Raymond Bär continuera à présider le conseil d'administration de Julius Bär. Sa composition restera inchangée. Johannes de Gier, actuellement président de SBC Wealth Management, occupera le poste de directeur général. David Solo, patron de GAM, sera responsable de l'activité Asset Management de Julius Bär.

UBS ne sera pas représentée au conseil d'administration de Julius Bär et n'exercera aucun contrôle ou influence sur la stratégie ou l'activité opérationnelle de celle-ci, affirme-t-elle dans le communiqué. La grande banque ne votera pas non plus aux assemblées générales des actionnaires.

Première banque privée

Julius Bär gérera, suite à la transaction, une fortune de 270 milliards de francs, a précisé l'établissement privé zurichois dans un communiqué. La division private banking gère pour sa part des actifs de 113 milliards de francs de fortune, soit presque le double de ce dont elle dispose actuellement. Au 30 juin, le groupe avait réalisé un bénéfice de 587 millions francs sur douze mois.

La banque zurichoise deviendra ainsi la première banque privée, devant ses grandes rivales genevoises, Pictet & Cie avec des actifs de 249 milliards et Lombard Odier Darier Hentsch, qui avait annoncé 127 milliards à la fin de 2004.

Le communiqué de Julius Bär indique que ce regroupement devrait coûter environ 10% du total actuel de 3500 places de travail. Ces suppression d'emploi s'effectueront d'ici à la fin 2007 et seront «réalisées partiellement par le biais de retraites anticipées et les départs naturels». Ce qui devrait permettre des économie annuelles de plus de 100 millions de francs d'ici à 2008.

Un pas logique

Cette reprise constitue pour Julius Bär un pas logique dans la réalisation de sa stratégie de croissance, estime la banque. La transaction ouvre la voie à une poursuite d'une indépendance durable et à une croissance profitable. La transaction sera soumise à l'approbation d'une assemblée générale extraordinaire en novembre.

De son côté, Raymond J. Bär, président de Julius Bär, a déclaré: «Ces banques privées et GAM complètent harmonieusement Julius Bär. Nous partageons la même approche dans le private banking et la gestion d'actifs. Cette approche consiste à comprendre les besoins de chaque client en matière de gestion de fortune et à lui proposer des solutions qui créent de la valeur.»

Pour l'UBS, cette vente s'inscrit dans la stratégie adoptée ces dernières années dans le domaine des banques privées. UBS a créé SBC Wealth Management en 2003 comme plate-forme pour ses activités de gestion de fortune gérées sous des marques séparées.

«Le modèle d'affaires de Julius Bär est très similaire de celui des trois banques privées et de GAM. La vente de l'unité dans son ensemble accorde une grande attention à la continuité de la relation entre les clients et leurs conseillers tout en créant de la valeur pour toutes les parties concernées», a notamment déclaré Peter Wuffli, CEO d'UBS.

A travers cette transaction, UBS prévoit de réaliser un résultat avant impôts d'au moins 3,5 milliards de CHF, qui sera comptabilisé lors de la clôture de la transaction attendue pour le quatrième trimestre.

swissinfo et les agences

Faits

La première banque suisse UBS annonce la vente de son secteur de banque privée pour 5,6 milliards de fr. à la banque zurichoise Julius Bär.
Le montant inclut 3,8 milliards en espèces ainsi qu'une participation non stratégique d'UBS de 21,5%.
La nouvelle entité gérera une fortune atteignant 270 milliards de fr.
Avec cette transaction, UBS prévoit de réaliser un résultat avant impôts d'au moins 3,5 milliards de fr.
Dix pour cent du total actuel de 3500 postes seront supprimés d'ici deux ans, soit une économie de 100 millions de fr. par an d'ici à 2008.

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