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Exploitation minière américaine au large des îles Samoa

Keystone-SDA

L'administration Trump a annoncé lundi avoir finalisé une vente aux enchères d'exploitation minière au large des îles Samoa américaines, dans le Pacifique, et ce malgré une vive opposition des populations locales et des associations de défense de l'environnement.

(Keystone-ATS) Les concessions vendues porteront sur plus de 12 millions d’hectares répartis sur deux zones au large de l’archipel américain situé dans le Pacifique, près du sanctuaire marin de l’atoll de Rose, où des espèces menacées de tortues vivent. La vente aux enchères se tiendra le 19 novembre.

«Les minéraux critiques ne sont plus de simples marchandises ; ils constituent un atout stratégique vital dans la compétition mondiale, indispensables pour atteindre nos objectifs en matière d’efficacité énergétique, renforcer notre défense nationale et sécuriser nos chaînes d’approvisionnement», a déclaré dans un communiqué Mike Olsen de la Marine Minerals Administration (MMA), une agence qui dépend du ministère de l’Intérieur, chargé de la gestion des terres fédérales.

Donald Trump avait signé en avril 2025 un décret afin d’ouvrir l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques, y compris en eaux internationales.

Il avait alors qualifié la domination dans les sciences et technologies liées aux grands fonds marins de «fondamentale» pour la «sécurité nationale et l’économie», ainsi qu’à une demande formulée par l’entreprise américaine Impossible Metals visant à autoriser des concessions au large de ce territoire, situé à l’est de l’État indépendant des Samoa.

De vastes parties de l’océan Pacifique sont recouvertes de nodules polymétalliques, des sortes de galets de la taille d’une pomme de terre, riches en cobalt, cuivre, nickel, manganèse et terres rares. Ces métaux sont très prisés pour les véhicules électriques, les smartphones et ordinateurs portables, ou encore les panneaux solaires.

L’exploitation minière en eaux profondes peut causer des dommages irréversibles, étouffant la vie marine sous des panaches de déchets et perturbant les migrations océaniques sous le grondement des engins lourds, estiment ses détracteurs.

Les îles Mariannes, Guam et les Samoa américaines – territoires américains n’ayant pas le statut d’États – souhaitent son interdiction, au moins temporaire, dans leurs eaux territoriales.

Mais ces territoires, qui dépendent de Washington pour leur financement et leur défense, n’ont guère leur mot à dire sur les actions du pouvoir central au-delà d’une limite maritime de quelque cinq kilomètres.

Selon Julia Singer, responsable chez Oceana : «Ces concessions ouvriront les vannes à l’exploitation de nos grands fonds marins». «Des milliers de scientifiques, de responsables locaux et de membres de la société civile ont alerté sur les dangers représentés par cette activité. Pourtant, l’administration Trump continue d’ignorer l’opposition généralisée à ce sujet», dit-elle.

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