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Feuille de route et mécanismes sur le Liban et Ormuz au Bürgenstock

Keystone-SDA

Les rebondissements de dimanche n'auront pas fait capoter la première session "historique" entre Etats-Unis et Iran au Bürgenstock (NW). Tôt lundi, les médiateurs ont annoncé une feuille de route de 60 jours et des mécanismes sur les points chauds, le Liban et Ormuz.

(Keystone-ATS) Vers 03h00, le Qatar et le Pakistan ont annoncé dans une déclaration conjointe les premiers résultats de la réunion qui avait démarré à quatre dimanche vers 15h00 après une matinée de bilatérales et même d’une trilatérale. Les discussions vont se poursuivre toute la semaine dans l’hôtel nidwaldien au niveau technique.

Première indication après les pourparlers entre la délégation américaine du vice-président JD Vance et celle du nouvel homme fort du régime iranien, le président du Parlement Mohammad Ghalibaf, le politique va continuer de suivre étroitement le dispositif.

Après le protocole d’accord signé mercredi dernier, un «comité de haut niveau» est désormais lancé. Des groupes ont été constitués sur le nucléaire iranien, la thématique la plus ardue à résoudre, les sanctions et la vérification de l’application de l’arrangement d’il y a quelques jours.

Les Etats-Unis et l’Iran ont surtout décidé d’établir des «cellules» pour tenter de retomber les tensions sur les blocages des derniers jours. Les frappes israéliennes de jeudi au Liban avaient provoqué un report vendredi de la réunion du Bürgenstock.

«Premier test» au Liban

Comme cette question fait partie du premier point du protocole, Téhéran souhaitait des garanties. A défaut de pouvoir contrôler totalement l’attitude israélienne, Washington, Téhéran et Beyrouth constitueront ces cellules qui seront facilitées par les deux médiateurs.

«Le premier test», a affirmé lundi matin sur les réseaux sociaux le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi. Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, alors que le protocole d’accord entre Washington et Téhéran avait été largement critiqué dans son pays, affirme que l’armée israélienne restera dans le sud du Liban tant qu’il le faudra.

Autre sujet de division, le passage d’Ormuz pour le trafic maritime fait lui l’objet d’une structure de pilotage commune. Après une amélioration jeudi, l’Iran avait laissé entendre qu’il le fermait à nouveau, provoquant des diatribes de part et d’autre avec le président américain Donald Trump.

Dimanche soir, les menaces de bombardement lancées par le chef de la Maison Blanche avaient failli tout faire dérailler. M. Ghalibaf avait conseillé aux Etats-Unis «de surveiller leur langage» et l’Iran avait laissé planer le doute sur une poursuite des discussions. Mais le pays n’a jamais quitté le Bürgenstock et est resté engagé.

Après une première session d’une heure 20 à quatre et l’annonce avec fracas des médias iraniens que la délégation «quittait le lieu des pourparlers», le dialogue s’était poursuivi via les médiateurs. «Une ligne de communication» sera désormais active entre les Etats-Unis et l’Iran pour éviter tout problème de communication sur Ormuz.

Ardu sur le nucléaire

Reprenant les codes diplomatiques dans ces circonstances, les médiateurs qatari et pakistanais ont parlé de discussions «positives» et «constructives» ayant abouti à des «avancées encourageantes». Dimanche, M. Vance n’avait pas hésité à parler d’une rencontre «historique», presque inédite depuis près de 50 ans alors qu’il a fait face ensuite à quatre mètres de distance de M. Ghalibaf et du chef de la diplomatie Abbas Araghchi pendant les pourparlers.

Mais les Etats-Unis maintiennent la pression sur la thématique fondamentale pour eux, le nucléaire. Dimanche encore, Téhéran a répété ne pas vouloir d’arme nucléaire et revendiquer toujours la possibilité d’enrichir de l’uranium à des fins civiles. Selon la plupart des observateurs, deux mois ne suffiront pas pour régler ce problème.

Plusieurs scénarios sont sur la table comme un transfert d’uranium enrichi à 60% vers un autre pays ou une dilution à environ 5% sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Salué par la Suisse

M. Araghchi préfère mentionner les autres questions. «Les exportations de pétrole et pétrochimiques ne sont plus entravées, le blocus est levé, des fonds gelés ont été restitués et un plan important de reconstruction et de développement de l’Iran a été lancé», a-t-il salué. Les Etats-Uns n’ont eux fait aucune déclaration dans l’immédiat.

De son côté, la Suisse a pu ouvrir une nouvelle fenêtre de bons offices. Elle revendique être la seule plateforme européenne capable de garantir la confiance requise auprès des parties.

Lundi, le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Nicolas Bideau a lui salué des «avancées constructives», notamment le lancement du comité de haut niveau, «étape positive», et la feuille de route.

Dimanche, le conseiller fédéral Ignazio Cassis avait eu des réunions bilatérales avec M. Araghchi, M. Vance et d’autres acteurs sur ce dossier américano-iranien. Jusqu’à 2000 militaires et la police ont sécurisé le site nidwaldien.

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