La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

150 millions pour le plan social de Swissair

L'ex-banquier genevois et administrateur de Swissair Group ne serait par contre pas prêt à payer de sa poche. Keystone Archive

Bénédict Hentsch plaide pour que 5,4 % du capital de la nouvelle Crossair, financent un plan social pour Swissair.

Dans une interview publiée dimanche par la SonntagsZeitung, M. Hentsch estime qu’amputer le capital de la nouvelle Crossair, prévu à 2,74 milliards de francs, n’entamerait pas ses chances. Le ratio des fonds propres serait ramené de 35 à 32 %, ce qui resterait «suffisant». Avant le 11 septembre, la moyenne de la branche se situait à 26 %.

Selon la proposition du Genevois, qui est l’un des trois derniers membres du conseil d’administration de Swissair Group, aux côtés de Mario Corti et du bientôt ex-président d’economiesuisse, Andres Leuenberger, 35 millions de francs financeraient les salaires durant les périodes de résiliation, qui sont bloqués par le sursis concordataire provisoire.

Ensuite, 35 millions seraient investis dans un plan social, qui permettrait par exemple des départs en retraite anticipée. 55 millions iraient aux personnes parties en retraite anticipée en 1996 et dont les rentes sont aussi bloquées par le sursis provisoire. Les 25 millions restants pourraient être utilisés pour les cas de rigueur.

Dans les mains du parlement

Bien que la Confédération soit partie prenante à la nouvelle Crossair, M. Hentsch, qui a quitté la banque privée genevoise Darier Hentsch & Cie à la mi-octobre afin d’éviter l’amalgame entre sa personne et le groupe qui porte son nom, estime que le plan social est ainsi financé par la nouvelle compagnie, et non par l’Etat.

Le Genevois juge que «le capital de la nouvelle Crossair doit être utilisé pour couvrir les coûts sociaux» de la débâcle de Swissair Group. Le parlement aura l’opportunité de décider en ce sens la semaine prochaine lors de sa session extraordinaire.

Administrateur à titre personnel depuis douze ans de Swissair Group, M. Hentsch n’entend par contre pas participer au financement du plan social, estimant que cela ne relève pas de son devoir. «On ne peut rendre personne responsable d’une stratégie erronée. Si c’était le cas, toutes les entreprises disparaîtraient très vite.»

Le banquier genevois explique le fait que l’argent ait brutalement fait défaut pour payer les salaires par le fait que Swissair Group n’était pas préparé à une débâcle, tous ses administrateurs venant de sociétés en bonne santé. En outre, la Suisse n’a jamais connu de faillite de cette taille.

Réformes nécessaires

Bénédict Hentsch estime que la crise a aussi montré les insuffisances du système gouvernemental suisse. Il serait bien qu’un président puisse prendre les choses en main et coordonner les opérations.

De plus, aligner le droit suisse sur la pratique américaine serait nécessaire. Aux Etats-Unis, le sursis concordataire («Chapter 11») permet l’assainissement d’une entreprise, tandis que, en Suisse, il s’agit d’une préparation à la liquidation.

Rainer Gut , lui, se défend

Après celui de Swissair Group, c’est au tour du conseil d’administration de la nouvelle Crossair d’être sous le feu de la critique. La région bâloise a été fâchée par l’absence du fondateur et actuel président du conseil d’administration de Crossair, Moritz Suter, de la liste du comité de pilotage.

Rainer Gut a tenu à défendre samedi sur les ondes de la radio alémanique les propositions du comité qu’il préside. La sélection s’est faite en fonction des qualifications des personnes, et les considérations de politique locale n’ont pas leur place.

Les réactions du reste de la Suisse sont moins émotionnelles et ces propositions sont soutenues par le Conseil fédéral, souligne l’ex-patron du Credit Suisse Group (CSG). Le conseil de la nouvelle Crossair doit réunir des gens capables de fusionner les cultures de Swissair et de Crossair, et Moritz Suter ne s’y serait pas intégré harmonieusement.

Solution en vue avec LTU

Un autre problème semble avoir trouvé sa solution. La banque Stadtsparkasse Düsseldorf va provisoirement reprendre la part de 49,9 % détenue par Swissair dans la compagnie charter allemande LTU, a annoncé ce week-end le gouvernement régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, sans donner d’information sur le montant.

Des investisseurs à long terme devront être trouvés, cette reprise intervenant sous le régime de l’administration fiduciaire. Le commissaire au sursis de Swissair Group, Karl Wüthrich, avait indiqué vendredi que la demande de Swissair Group sur son désengagement de LTU avait été transmis au juge du concordat.

swissinfo avec les agences

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision