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Accord global: Nestlé va verser 25 millions de francs

sri Nestlé

C´est la contribution du géant de l'alimentaire à l´arrangement négocié aux Etats-Unis par les grandes banques suisses. Et la reconnaissance d´une responsabilité morale: Nestlé avait eu recours, durant la Deuxième Guerre mondiale, au travail forcé.

La multinationale, basée à Vevey, se rallie donc à l’accord approuvé au début du mois par le juge américain Edward Korman et qui devrait mettre un terme à l’affaire des fonds en déshérence. Ces 25 millions de francs seront inclus dans le montant total de 1,25 milliard de dollars.

Une contribution qui doit permettre à Nestlé d’échapper désormais à toute plainte liée à son attitude durant la Seconde Guerre mondiale. C’est le raisonnement d’ailleurs suivi par plusieurs autres industriels suisses, qui ont également annoncé leur intention de collaborer dans le cadre de l’accord global. Ils avaient jusqu’à vendredi passé pour s’annoncer auprès du juge Korman.

Au coeur du problème: l’utilisation entre 1940 et 1945, par des entreprises sous contrôle suisse, de main d’oeuvre réquisitionnée par le régime nazi. Cela représenterait au moins 11 000 personnes, selon des chiffres compilés par l’Agence télégraphique suisse.

Il en va ainsi de Nestlé qui durant cette période possédait un certain nombre de sociétés en Allemagne et en Autriche, puis qui – par la suite – en a acquis d’autres. Des entreprises qui ont, de manière certaine ou de manière probable, utilisé des travailleurs forcés. «Il s’agit de reconnaître qu’en tant que successeur de ces sociétés, nous avons une certaine responsabilité morale», explique François-Xavier Perroud, porte-parole de Nestlé.

«Pratiquement toute les fabriques travaillant en Allemagne dans les années 1942-1945 employaient des travailleurs forcés, poursuit François-Xavier Perroud. Actuellement, d’après les sources que nous avons, nous pensons qu’à peu près 1000 personnes ont ainsi travaillé comme ouvriers forcés dans les usines qui aujourd’hui appartiennent au groupe.»

Nestlé va donc verser 25 millions de francs. Comment la multinationale est-elle arrivée à cette somme? Aucun calcul, à en croire son porte-parole: «Elle reflète simplement notre position en tant que première société industrielle de ce pays. Et n’oubliez pas que nous sommes très présents dans les pays où étaient précisément recrutés ces travailleurs forcés».

Pierre Gobet

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