Bellinzone dénonce les promesses non tenues de Berne
En sept mois, de janvier à août de cette année, le trafic lourd a augmenté de 13,9% tout au long de l'A2, du nord au sud du Tessin. Dans le même laps de temps, le transfert des camions sur le rail a subi une baisse de 6,5%. Bellinzone demande à Berne de maintenir ses promesses.
Pour le conseiller d’Etat Marco Borradori (Lega), chef du Département tessinois du territoire, la Confédération ne respecte pas les promesses faites en matière de contrôle du trafic lourd au sud des Alpes: «Berne, souligne Marco Borradori doit encourager les sociétés d’expédition à recourir davantage aux services du rail».
En fait, les camionneurs rechignent toujours davantage à placer leurs engins sur le train. Ils reprochent au rail d’être trop lent et trop coûteux. Depuis le début de cette année, l’utilisation des CFF par les poids lourds a même chuté de 6,5% sur l’axe du Gothard.
La Confédération croise les bras
Marco Borradori ne mâche pas ses mots: la Confédération, estime-t-il, n’applique pas la résolution votée par le Parlement pour promouvoir le passage du trafic lourd de la route au rail.
Pour le conseiller d’Etat tessinois, aussi longtemps que la Confédération croisera les bras, les efforts du Tessin pour résoudre les problèmes de bouchons sur l’autoroute, seront inutiles. Inutiles mais coûteux puisque, seulement pour l’été qui s’achève, le canton a dépensé près d’un million de francs en mesures diverses.
Prise au dépourvu par le chaos qui s’était créé dans tout le canton le printemps dernier, Bellinzone a renforcé les effectifs de la police routière et a amélioré la signalisation et le contrôle de la circulation. Des caméras vidéo ont été installées sur un tronçon particulièrement touché par le trafic, entre Coldrerio et Chiasso, à proximité de la douane.
Une série de mesures qui n’a pas eu de succès. Pour Giovanni Pettinari, ingénieur au département du territoire, «il est pratiquement impossible d’empêcher les files d’attente. Même lorsque nous bloquons les camions en Léventine les parkings ne désemplissent pas à la douane commerciale de Chiasso».
Marco Borradori insiste donc sur le seul remède qui semble valable à long terme, soit l’utilisation du rail par les camions. Il exige que Berne intervienne sérieusement pour que ce moyen de transport devienne systématique. Le ministre tessinois a indiqué qu’il profitera d’une réunion organisée jeudi prochain à Chiasso avec des experts du trafic lourd et avec les représentants des cantons d’Uri, Lucerne et Bâle-Ville pour revenir sur l’argument.
Gemma d’Urso, Lugano
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