Commerce agricole : non à plus de libéralisation
Des paysans suisses et français ont manifesté ce jeudi à Genève, devant l'OMC, pour rappeler leur refus d'une plus grande libéralisation du commerce agricole. Et ce à un peu plus de trois semaines de la conférence ministérielle de l'OMC à Seattle.
Des paysans suisses et français ont manifesté ce jeudi à Genève, devant l’OMC, pour rappeler leur refus d’une plus grande libéralisation du commerce agricole. Et ce à un peu plus de trois semaines de l’ouverture de la conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Seattle.
Mike Moore, patron de l’Organisation mondiale du commerce, a reçu successivement le français José Bové, fondateur de la Confédération paysanne, et son compatriote Luc Guyau, président de la FNSEA, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Selon un autre membre de la FNSEA présent lors de l’entrevue, Mike Moore s’est déclaré sensible aux revendications des paysans européens. Il leur a conseillé de faire pression sur leur gouvernement, pour que leurs intérêts soient pleinement pris en compte.
De leur côté, une trentaine de paysans suisses ont manifesté devant le siège de l’OMC. Ils sont ensuite allés à la mission suisse auprès des Nations unies et ont remis une liste de revendications à William Rossier, représentant de la Suisse auprès de l’OMC.
Les paysans suisses demandent un audit sur les effets de la libéralisation avant d’engager un nouveau cycle de négociations commerciales. Ils demandent également que l’indication de l’origine des produits soit autorisée par l’OMC. Ils veulent enfin que l’agriculture ne soit pas considérée comme une industrie classique puisqu’elle remplit des fonctions autres que commerciale. Les paysans suisses considèrent donc que la libéralisation déjà engagée du secteur agricole en Suisse est un aboutissement et non le début d’un processus.
Ces revendications démontrent une fois de plus que le dossier agricole qui sera au centre des discussions à Seattle n’est pas prêt de susciter un consensus, tant les positions des Etats membres de l’OMC sont divergentes.
Frédéric Burnand
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