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Crossair a besoin de plusieurs milliards de francs

La nouvelle Crossair s'agrandira notamment de 26 avions long-courriers. Keystone Archive

Pour passer d'une compagnie régionale dans un marché de niche à une société internationale, Crossair doit bénéficier d'une assise financière crédible. Et, si elle veut survivre, la compagnie va devoir être recapitalisée de plusieurs milliards de francs.

Des moyens financiers supplémentaires seront nécessaires pour financer la nouvelle Crossair. Le coût du lancement sera «vraisemblablement un multiple du montant de paquet de sauvetage» du 1er octobre, estime l’UBS, sans donner de chiffre précis.

Le Crédit Suisse et l’UBS ont prévu, pour l’instant, d’injecter près d’un milliard de francs dans la nouvelle Crossair. Mais selon les analystes, la recapitalisation pourrait au final atteindre au moins les quatre milliards.

Le patron de Crossair, André Dosé, travaille à «évaluer et affiner de manière urgente» les plans financiers et d’entreprise. Une fois que les banques auront été informées, elles pourront communiquer les détails du financement proposé, précise l’UBS.

Quel rôle pour l’Etat?

Le plan de sauvetage porte sur le détachement de Crossair du Swissair Group et l’intégration des deux tiers de la flotte de Swissair dans la compagnie bâloise. La future compagnie reprendra 26 avions long-courriers (sur 35) et 26 avions court-courriers (sur 41) de Swissair.

Actuellement, le capital de Crossair est contrôlé à 70% par les deux grandes banques helvétique, 15% est détenu par environ 12000 petits porteurs et 10% est en mains d’investisseurs institutionnels. Le 5% restant appartient à divers cantons.

Reste à savoir si l’Etat entrera dans le capital actions de la nouvelle compagnie, en clair si le gouvernement participera financièrement à la recapitalisation de Crossair. Pour l’heure, le Conseil fédéral s’y oppose, mais plusieurs partis estiment que Berne doit s’engager concrètement.

L’UBS souligne que les banques avaient dès le départ l’intention de permettre à un cercle aussi large que possible de participer à l’augmentation de capital ou au financement du lancement d’une nouvelle compagnie nationale. Economie, pouvoirs publics et salariés, tous sont les bienvenus.

L’action Crossair en chute libre

L’UBS et le Crédit Suisse ont acquis auprès de Swissair 70% du capital de Crossair. Cette opération s’est réalisée au cours observé sur le marché le 28 septembre, soit 280 francs par action.

Les jours qui ont suivi l’annonce du plan de restructuration, le titre Crossair bondissait jusqu’à environ 500 francs. Une hausse qui préoccupe l’UBS car elle ne tient pas compte du capital nécessaire et des risques de l’opération.

Les investisseurs semblent enfin s’être rendus compte du danger puisque mercredi, en milieu de séance, l’action Crossair perdait plus de 8% à 285 francs.

Luigino Canal

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