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Journée cruciale pour la future Crossair

Les milieux économiques sont sommés de s’impliquer dans le processus de renaissance d’une compagne aérienne. Keystone

L'avenir de la future compagnie aérienne nationale se joue mercredi. Le gouvernement va prendre position. Les partenaires ont déjà balisé le terrain.

A commencer par le président de la Confédération lui-même. En effet, Moritz Leuenberger a relevé mardi dans la presse alémanique que «le Conseil fédéral souhaite que la Suisse conserve sa connexion au réseau aérien global, avec une perte d’emploi minime».

Et Moritz Leuenberger d’ajouter que «la Confédération ne peut s’engager seule dans ce lourd dossier». Un message clair destiné aux milieux économiques sommés de s’impliquer dans le processus de renaissance d’une compagne aérienne.

Paquet fiscal à revoir

Par ailleurs, Moritz Leuenberger souhaite revoir le paquet fiscal mis au point lors de la session d’automne du Conseil national pour trouver un meilleur financement. Ainsi, les allégements fiscaux, prévus pour les entreprises, pourraient être reportés de cinq ans. Le taux de TVA pourrait augmenter.

Quant aux éventuelles réticences des milieux politiques contre un engagement financier de la Confédération, elles laissent le conseiller fédéral perplexe. «Ces réticences ne comptent pas. Il faut tenir compte de l’effet domino d’une telle débâcle pour l’économie et l’emploi».

C’est que mercredi, la Confédération doit se prononcer clairement sur une aide de près de un milliard de francs, un crédit de transition qui permettra de faire voler les avions Swissair jusqu’au passage du témoin à la fin octobre. Mais surtout, elle doit se prononcer sur sa participation au capital de la future compagnie et sur le choix de l’option de sauvetage.

Economiesuisse dans le coup

Dimanche, la Task Force de la Confédération a présenté trois scénarios pour la future compagnie nationale. Très rapidement, les partenaires – actuels et futurs – de la nouvelle Crossair ont balisé le terrain. Afin de fixer les possibilités mais également les limites de leurs rôles.

A l’unanimité, le scénario «Full Scale» – baptisé «plan Phoenix Plus» – reçoit la bénédiction de tous les partenaires. A commencer par le président d’administration de Crossair, André Dosé, favorable à la reprise de 52 liaisons aériennes de Swissair.

Les partenaires économiques ont affiché une certaine réserve mardi. Tout en soutenant le Plan Phoenix. Une façon de montrer qu’ils attendent la décision de la Confédération pour se déterminer.

Mais d’ores et déjà, l’association Economiesuisse – regroupant les intérêts de grandes sociétés – soutient un engagement financier de gouvernement, en faveur du plan Phoenix. De plus, elle se dit prête à repousser les allégements fiscaux prévus, accordés à l’économie.

Surtout, elle s’engage à ratisser large dans les milieux économiques pour récolter un maximum de fonds. Cet engagement a de quoi rassurer. Après que les banques ont réitéré leur refus d’aller au-delà d’une aide de 1,4 milliard, annoncée il y a quinze jours.

Les partis campent sur leurs positions

Le Conseil fédéral a pris la température mardi auprès des partis politiques. « Ils ont confirmé leurs positions de vendredi passé», a déclaré à l’issue de la réunion le porte-parole du gouvernement Achille Casanova.

Le PDC et le PS ont souhaité qu’un éventuel engagement à hauteur d’un milliard de la Confédération pour financer les vols intercontinentaux jusqu’en mars 2002 soit comptabilisé dans la nouvelle société. Les radicaux sont moins formels. L’UDC quant à elle reste très sceptique sur un financement de la Confédération.

Inquiétude de l’aéroport de Genève

Même la direction de l’aéroport de Genève a pris position mardi, en présentant, au passage, la facture de la débâcle Swissair et des attentats du 11 septembre. Une facture qui s’élève à «cinq millions de francs environ», explique le porte-parole de l’aéroport, Philippe Roy.

Toutefois, l’aéroport de Genève ne se considère pas en danger de mort, puisque le traffic Swissair ne représente que 40% du volume d’affaires. Selon Philippe Roy «Cointrin est favorable à la variante ‘Phoenix Plus’».

A la condition que la mise sur pied de la future compagnie nationale prenne en considération l’existence de trois aéroports internationaux en Suisse: Zurich, Bâle et Genève.

Mobilisation en faveur de Swissair

Plus de 20 000 personnes ont signé la pétition «Sauver Swissair». Le texte sera remis jeudi à la Chancellerie fédérale.

La pétition est adressée au Conseil fédéral et aux deux grandes banques UBS et Credit Suisse. Les signataires exigent notamment le déblocage des fonds nécessaires à l’assainissement de l’ensemble de SAirGroup.

Ils réclament une indemnisation adéquate des petits actionnaires de SAirGroup. Ils demandent aussi un plan social pour le personnel concerné. Enfin, les pétitionnaires veulent que les responsabilités de la débâcle de Swissair soient tirées au clair.

Jean-Louis Thomas

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